Votre congé de maternité est sur le point de se terminer et bien que vous soyez heureuse de retrouver vos collègues et votre vie professionnelle, vous voilà habitée par un sentiment fort désagréable : la culpabilité. L'idée de confier votre trésor à d'autres génère en vous une montée d'émotions difficiles? Vous vous demandez comment arriver à calmer ces sentiments? Voici quelques pistes de solution.
Je me sens coupable!
La culpabilité représente un amalgame d'émotions difficiles. Certains la décrivent globalement comme une forme de colère dirigée envers soi-même, mais d'autres émotions peuvent aussi nourrir un sentiment plus général de culpabilité. Ainsi, certaines femmes se sentiront coupables d'être heureuses de retourner au travail alors que d'autres auront l'impression d'abandonner leur enfant en le plaçant à la garderie. Les défis qu'entraîne la conciliation travail-famille peuvent également générer un sentiment de ne pas être à la hauteur nulle part : la tête ailleurs au boulot et épuisée avec bébé au retour à la maison. Finalement, on se sent coupable de ne pas être une mère et une femme parfaite!
Comment gérer la culpabilité?
Si plusieurs parents souhaiteraient un prolongement du congé parental assurable (via le RQAP), la plupart d'entre eux doivent pour l'instant assumer un retour au travail beaucoup plus tôt qu'ils ne l'auraient souhaité. À l'opposé, d'autres parents ont hâte de reprendre leur vie professionnelle et ressentent le jugement de leurs proches qui ne comprennent pas cette hâte.
Pour mieux gérer le sentiment de culpabilité que vous ressentez, il est important de comprendre ce qui le suscite. Souvent, la culpabilité naît lorsque l'on se sent responsable d'un acte, d'une décision ou même d'une simple pensée. Dans toutes ces situations, une part de responsabilité nous appartient mais d'autres éléments entrent également en jeu. En fait, nous ne pouvons pas tout contrôler et il ne faut pas s'en tenir rigueur! Par exemple, si vous vous sentez coupable à l'idée de ne pas pouvoir être présente toute la journée pour votre enfant, demandez-vous : qu'est-ce qui m'appartient dans cette situation? Que pourrais-je faire de différent? Sur une feuille de papier, dessinez un cercle. Ensuite, divisez ce cercle en pointes de tarte de différentes tailles et inscrivez-y les différentes raisons motivant votre retour au travail. Vous pouvez faire varier la taille des pointes selon l'importance accordée aux différentes raisons que vous énumérez. Avec un crayon surligneur, identifiez les raisons qui dépendent majoritairement de votre volonté et avec un second d'une autre couleur, celles qui ne sont pas de votre ressort. Cette illustration vous aidera à relativiser votre responsabilité et à vous départir de ce qui ne vous appartient pas dans cette décision ainsi que de la culpabilité qui y est liée.
Voici un second exercice que vous pouvez utiliser et qui pourrait vous aider à diminuer le sentiment de culpabilité ressenti. Il consiste en l'examen des pensées générées par ce sentiment et en leur recadrage. Par exemple, si, lorsque vous songez à votre retour au travail, vous vous dites «J'abandonne mon enfant», notez cette pensée par écrit. Inscrivez ensuite l'émotion que cette pensée provoque chez vous (tristesse, colère et culpabilité, par exemple). Ensuite, posez-vous la question : est-ce que votre meilleure amie ou encore votre conjoint trouverait cette pensée très réaliste? Est-ce qu'un juge de la cour supérieure pourrait effectivement vous juger coupable d'abandonner votre enfant? Évidemment, cela serait très surprenant! Essayez par la suite de remplacer cette pensée par une plus réaliste. Par exemple : «Je retourne au travail pour telle ou telle raison et je pense que dans l'intérêt global de ma famille, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. C'est aujourd'hui la meilleure décision que je suis en mesure de prendre». Finalement, notez l'émotion que cette nouvelle pensée plus réaliste provoque. Le but de cet exercice est de vous faire prendre conscience de la force de vos pensées et des émotions qu'elles peuvent générer. En prenant conscience de celles-ci, vous serez davantage en mesure de les recadrer, c'est-à-dire de les confronter, de les mettre en doute et parfois même, de les remplacer par des pensées plus réalistes.
Par ailleurs, apprendre à gérer le sentiment de culpabilité que provoque le retour au travail peut être un puissant moteur à la mobilisation. Certains groupes militent en faveur d'un congé parental jusqu'à ce que l'enfant soit âgé de 24 mois. Il est possible de s'impliquer au sein de ces groupes et d'y défendre votre point de vue et vos valeurs, ce qui vous permettra de retrouver votre pouvoir d'agir dans cette situation.
Les techniques proposées ici ne permettent pas de faire disparaître complètement les émotions difficiles telles la culpabilité. Toutefois, il est possible de diminuer l'intensité de ces émotions et avec un peu de pratique, vous pourrez y arriver. Rappelez-vous que le soutien de votre entourage joue aussi un rôle important dans les moments plus difficiles de votre vie de parent. N'hésitez pas à vous tourner vers vos proches et vers des groupes de parents pour partager vos sentiments et mieux les gérer.
Bonne réflexion et bon retour au travail!
Agente d'intervention en service social













