OU MON PLAIDOYER POUR UN CO-DODO SANS CULPABILITÉ!
J'ai adopté le co-dodo.
Voilà, c'est dit. Pire encore (ou mieux), je l'assume! Sujet controversé s'il en est un : autoriser bébé à dormir dans le lit parental ne fait certainement pas l'unanimité. Toutefois, je soupçonne que nous soyons plus nombreux de notre espèce... à garder bien fidèlement le secret! Comme s'il s'agissait d'un quelconque péché...
J'ai eu droit à tous les commentaires. À toutes les prédictions de malheur aussi. (« Vous ne faites que repousser le problème, l'empirer même! ») J'ai eu droit à certaines questions... (« Ah ouiiiiii? ») posées sur un ton qui en sous-entendait d'autres : « C'est-pas-un-peu-tordu-et-néfaste-et-à-l'encontre-de-la-sacro-sainte-bible-du-parent-parfait? »... Et pourtant, s'il y a une bonne décision que je n'ai jamais regrettée, c'est bien d'avoir suivi mon instinct sur ce coup là!
Il faut dire que, dormir, pour ma plus vieille, est une perte de temps monumentale! Depuis sa naissance, elle s'efforce de défier les statistiques. D'un livre à l'autre, nous avons tenté mille et une techniques, allant du retrait progressif à l'objet transitoire, en passant par le fameux 5-10-15. (Qui, soit dit en passant, n'est PAS une méthode infaillible. Voilà pour l'éditorial du jour!) Combien de fois sommes-nous sortis à quatre pattes (littéralement!), de sa chambre, en prenant soin de ne pas piler sur LA planche qui craque?
Après des mois à entretenir nos cernes, nous avons ca-pi-tu-lé. Nous avons donc rangé les livres de côté (Je dors, tu dors, on dort... et autres formules préconçues du genre...), défié l'opinion publique et l'avons laissée dormir entre nous. En fait, le co-dodo s'est carrément imposé puisque notre santé mentale et de couple en dépendait!
Vaincus par la fatigue, nous étions prêts à en payer le prix! Parce qu'à en croire la croyance populaire, fallait s'attendre à ce qu'elle s'installe dans notre chambre jusqu'à son premier soutien-gorge (!!!) Et c'est sans compter les problèmes d'apprentissage à l'école... et de séparation (séparation parent-enfant... mais de couple aussi!) Bref, on nous a prédit à peu près tout, sauf le soulagement d'avoir enfin trouvé une formule qui nous convenait! Une révélation.
D'abord, on a retrouvé nos énergies. Bon, peut-être pas pour courir un marathon... mais pour fonctionner en tout cas! Quel bonheur de ne plus avoir à se lever pour un boire, une suce ou un frisson. De se réveiller, mais de rester bien au chaud... De somnoler pendant que bébé boit allongé contre maman... Et que dire de la douceur des réveils avec bébé qui gazouille plutôt que de pleurer pour qu'on vienne la chercher! Et des matins qui s'étirent parce que bébé se rendort collé-collé... Et de sa toute petite main qui nous cherchait dans la nuit pour se rendormir, rassurée.
On a modelé notre modus operandi au fil des mois, perfectionné notre méthode. On a trouvé le moyen de rendre notre co-dodo sécuritaire, de préserver notre intimité. Et l'autonomie? Une visite au parc, une soirée à se faire garder ou l'entrée progressive à la garderie sont autant de situations qui permettent à l'enfant d'apprendre à se séparer doucement de ses parents, non?
Dans notre cas, il aura suffi d'une nouvelle chambre de grande fille (de princesse devrais-je dire) pour qu'à deux ans et demi, notre mini-ex-insomniaque regagne sa chambre, sans cris ni pleurs, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Quand est arrivé notre deuxième, nous n'avons même pas abordé la question et nous lui avons fait une place à son tour...
Évidemment, à chaque enfant son « mode d'emploi ». (Et encore là, ce qui marche un jour ne marche pas nécessairement le lendemain!) Le co-dodo comporte son lot de désavantages, je l'admets. Aussi, je comprends parfaitement qu'il ne convienne pas à tous, surtout lorsque l'un ou l'autre des conjoints est réticent.
Mais avec le recul, j'aurais tellement aimé qu'on me parle du co-dodo comme d'une option valable plutôt que d'une erreur assurée. Parce qu'il m'aura permis, malgré les frais de chiro, d'ajouter mille et un petits moments magiques à ma collection de souvenirs. Alors désormais, j'ose et j'assume, quoi qu'on en pense! Mon coming out est fait. Et qui sait, peut-être que l'une d'entre vous, plutôt que de se promener à quatre pattes en récitant la prière du sommeil cette nuit, osera l'essayer aussi!
Bon sommeil!













