Bébé est là

La secte des parents

Septembre 2002 . J’ai 25 ans. À l’aube d’une histoire de cœur qui s’étiole (une autre!), mon plan de vie, lui, est tout défini : faire le tour du monde, mêler des contrats de travail à ma passion du voyage, butiner de fleur en fleur, pas d’attache, surtout pas d’enfant!

Oh! Que ce n’est pas beau ça une femme qui ne veut pas d’enfant! On s’imagine bien vite le chapeau de sorcière qui doit trainer sur sa patère et les verrues qui pointeront un jour sur le bout de son nez!

Et pourtant, je suis persuadée que ce phénomène invisible court beaucoup plus les rues qu’on ne le croit! Un fait que bien des gentilles femmes décident de taire honteusement sous peine d’être jugées par leurs pairs puristes! À quand le film « Horloge biologique » en version féminine?

La secte des parents

Dans le fond, je soupçonne les parents de faire partie d'une secte mystérieuse de masochistes dont le but est de recruter des membres. Les nouveaux membres vantent le mythique bonheur inexplicable qu'ils vivent depuis l'arrivée des enfants aux non-membres, ceux-ci se laissent convaincre à vivre l'expérience, puis, pris dans l’engrenage, ils se mettent eux-mêmes à recruter des membres et la roue tourne...

Octobre

Puis, la page du calendrier a tourné et j'ai fait la rencontre de Mylove. Non, le coup de foudre n’a pas doté mon cœur d’une fibre maternelle, mais l’idée a sournoisement tricoté son chemin au fil des mois et des années pour que d'un non catégorique, ça devienne un peut-être. Et puis, après 5 ans de vie commune, nous nous sommes lancés têtes baissées dans l'aventure.

Le reste est cliché: notre fille a transformé notre vie pour le mieux, assez pour qu’on décide d’avoir un autre enfant… et d’en recevoir deux pour le prix d’un! Nous avons accédé au niveau de bonheur mythique dont la secte des parents vante les mérites… et nous vivons aussi le côté maso de l’affaire!

Le côté maso de l’affaire

Le processus d'une sortie impromptue s'est un peu complexifié et nos activités ont changées. Nous sommes passés de nomades à sédentaires et avons découverts les joies du cocooning.

Le manque de sommeil joue sur notre patience et, ne le dites à personne, mais parfois, quand je dois décliner une invitation pour cause de non-compatibilité de l’activité avec les enfants, (ou pire quand je n’en reçois pas du tout!), ou quand la musique de fond de nos 5 à 7 est tirée tout droit de l’album « Best of des pleurs de bébés », je pense un peu, avec nostalgie, au temps où la vie tournait autour de mon nombril. Malgré tout, et sûrement grâce à l’album « Les rires de nos enfants » qui joue aussi souvent dans notre maisonnée, nous nous déclarons heureux!

L’équilibre n’est pas évident à trouver et parfois, on en vient à se demander si les parents ne font pas partie pour vrai d’une secte de masochistes qui sont certes heureux, mais souffrent quand même un peu et trouvent soulagement quand d’autres membres s’ajoutent pour vivre collectivement leurs joies et leurs maux quotidiens!

L’adresse du bonheur

Aujourd'hui je peux dire que si je n'avais pas d'enfant, je serais sûrement une femme très heureuse et je comprends et respecte les femmes qui choisissent de ne pas en avoir. Mais le bonheur ne vit pas qu’à une seule adresse... À l’instar des membres de la secte des parents, je peux dire que maintenant que mes filles sont entrées dans ma vie, je ne pourrais plus vivre le bonheur si c’était pour le conjuguer sans ma famille.

Mère – en simple et en double




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