Récemment, plusieurs reportages et articles ont abordé le sujet du langage des signes pour bébés, ce qui soulève beaucoup de questions, particulièrement sur son impact sur le langage verbal. Par conséquent, l'objectif de cet article est de démystifier son origine et ses fondements.
Tout d’abord, la première étude sur le sujet remonte au début des années 80, alors que deux psychologues en développement de l'enfance (les docteures Linda Acredolo et Susan Goodwyn) remarquent que les bébés démontrent un désir de communiquer. Elles constatent également que se désir se transpose souvent par des signes que l'enfant invente afin de se faire comprendre.
Cependant, puisque, dans notre société, les outils offerts étaient plutôt limités, l'enfant ne pouvait exploiter au maximum ses capacités à s'exprimer autres que verbalement. C'est ainsi qu'une étude scientifique, d'une durée de deux ans, a été mise en place afin d'évaluer l'impact de l'utilisation des signes par des jeunes bébés, particulièrement au niveau du langage. Les résultats furent très concluants, non seulement au niveau du langage, mais également au niveau socioémotionnel et cognitif.
Concrètement, les résultats de cette étude démontrent que les bébés ayant utilisé les signes durant cette période obtenaient de meilleurs résultats lors des tests standardisés du langage (plus grand vocabulaire, phrases plus longues) que leurs homologues n'ayant pas utilisé les signes. Une des raisons qui expliquent ce résultat est que l'enseignement des signes permet la stimulation, autant visuelle qu'auditive, ce qui renforce l'apprentissage du langage verbal. De plus, ces bébés démontraient moins de frustration, une plus grande estime de soi, un lien plus fort avec leurs parents en plus d’éprouver une grande satisfaction à être compris.
Parallèlement, à la fin des années 80, Joseph Garcia, un interprète travaillant dans une communauté de malentendants, remarqua que les enfants entendants, ayant des parents malentendants, communiquaient facilement et très tôt avec leurs parents à l'aide du langage des signes. Il décida d'approfondir ses recherches sur ce phénomène dans le cadre de la rédaction de sa thèse de maîtrise et releva également les bienfaits au niveau du langage, du socioémotionnel et du cognitif.
À la suite de l'émergence de ces études et de ces programmes, l'enseignement du langage des signes pour bébés s'est popularisé aux États-Unis depuis les douze dernières années. Cette nouvelle avenue fut rapidement appuyée par des pédiatres, des orthophonistes et d’autres spécialistes qui furent témoins des résultats et des bienfaits apportés par la méthode.
J'enseigne le langage des signes au Québec depuis plus de cinq ans maintenant avec l’aide d’une équipe de douze mamans/instructrices. Nous avons chacune profité des bienfaits reliés à l'utilisation de cette méthode avec nos propres enfants et nous voulons partager notre passion avec les familles du Québec. Personnellement, la plus grande joie que m'a apportée l'utilisation des signes fut de voir le visage de ma fille. Jamais je n’oublierai son sourire, ses yeux brillants de fierté et sa satisfaction d'être enfin comprise!
Pour en savoir plus sur ces études qui ont marqué le monde de la communication préverbale, visitezwww.babysigns.com et www.sign2me.com (anglais seulement).
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