Bouquineuses branchées

Les femmes, la nourriture et Dieu

Geneeth Roth, auteure prolifique américaine signe ici un nouvel ouvrage dont le titre m’a laissée d’emblée un peu perplexe : Les femmes, la nourriture et Dieu. Par crainte de pêcher par jugement hâtif, je me suis abstenue de signaler de prime abord la forte ressemblance avec le méga-succès de Mange, prie, aime.

Suite à la lecture du dit livre, je dois toutefois faire mon mea culpa, car l’œuvre de madame Roth n’a de commun avec le fameux Mange, prie, aime que l’éveil à une meilleure compréhension de notre rapport à la nourriture. En effet, cet ouvrage ne se résume pas au récit plus qu’exhaustif d’un long périple vers le vrai Soi. Bien qu’en partie autobiographique, cet ouvrage est surtout appuyé sur des années de recherches et d’échanges durant l’animation des ateliers et formations de l’auteure et il est de surcroît, fort bien écrit, touchant, drôle et d’une grande profondeur. Forte de son expérience de feu anorexique-boulimique-obèse,

Geneeth Roth nous relate avec beaucoup d’audace, d’humour, mais aussi de sagesse durement acquise, le lien malsain qu’elle a entretenu avec son poids durant de nombreuses années et ce , jusqu’au jour où elle a cessé toute lutte, toute privation et toute culpabilisation. En comprenant le rapport indissociable entre ses croyances, son mal être et sa façon de s’alimenter, elle a réussi à sortir du carcan infernal des régimes sans fin, sans amour ni respect de soi et surtout sans plaisir. Lorsque qu’elle proclame : Mangez, changez vos pensées et atteignez votre poids santé!, l’auteur ne suggère en rien de vous empiffrer de chocolatines et de croustilles jusqu’à la fin de vos jours tout en vous promettant le corps de vos rêves.

Non, ce qu’elle propose en fait c’est de briser notre obsession alimentaire en l’observant, en l’analysant, en la scrutant à la loupe tout en mettant fin à nos schémas de honte et de privation. Elle nous invite donc à voir ce qui se trame derrière notre rapport à la nourriture, car bien souvent les femmes, selon elle, finissent par trouver de l’amour et de la compassion dans le fait d’entretenir une guerre constante contre la nourriture et leur poids corporel. « Suivre une diète, c’était comme prier. C’était un appel plaintif à quiconque était à l’écoute : je sais que je suis grosse. Je sais que je suis laide. Je sais que je manque de discipline, mais voyez à quel point je fais des efforts »[1] Elle nous invite donc à aller plus loin, à prendre une pause de toutes ces années de privation et d’estime de soi fragile. Elle clame les bienfaits d’une indépendance alimentaire chèrement acquise et de retrouver ainsi une liberté profonde.

Elle nous montre que la nourriture est pour nous en fait la meilleure des enseignantes et que si l’on prend le temps de s’attarder à la face cachée de nos comportements alimentaires, nous serons plus connectés à ce qui nous rend heureux et libres et après, seulement après cette fastidieuse démarche, aurons-nous, tout comme elle, le plaisir de vivre dans un corps à la hauteur de nos désirs… En définitive, pas de régime ou de formule magique…Ah! Merde alors![2]

[1] Geneeth Roth, Les femmes, la nourriture et Dieu ou Mangez, changez vos pensées et atteignez votre poids santé, Éditions Un monde différent, page 42 [2] Geneeth Roth, Les femmes, la nourriture et Dieu ou Mangez, changez vos pensées et atteignez votre poids santé, Éditions Un monde différent, page 245


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