Bouquineuses branchées

L'indésirable - l'épouvante accessible!

La famille, c'est celle des Ayres, jadis prospère mais dont la situation a dramatiquement déclinée avec la mort du patriarche et le dur contexte économique qu'a subit l'Angleterre avec la Seconde Guerre mondiale. La mère, nostalgique de cette vie mondaine passée, tente tant bien que mal de poursuivre l'entretien de leur résidence, qui subit les affres du temps et du manque de moyens financiers depuis des années. C’est avec son fils Roderick, blessé à la guerre, et sa fille Caroline, une femme indépendante rappelée au bercail pour prendre soin du frère blessé, qu’elle fera l’impossible pour sauver sa demeure.

La résidence, c'est Hundreds Hall. Elle est si présente dans l’histoire qu'elle en devient littéralement un personnage. Bien ancré dans le cœur des personnages, ce manoir a connu de beaux jours, de belles réceptions et l'admiration des habitants de la région. Les ressources limitées de la famille propriétaire ont entraîné son dépérissement, mais la matriarche ne peut se résoudre à se débarrasser de ce lieu témoin de sa vie.

Puis, il y a le docteur Faraday, le médecin vieux garçon qui se rappelle Hundreds Hall à son apogée, durant son enfance. Il se lie peu à peu avec la famille Ayres et devient le témoin des événements obscurs et mystiques qui assailliront les habitants du manoir.

Il y est question d'accidents, de bruits étranges, d'objets animés et même de morts. La cause? Là est toute la question! S'agit-il de revenants, du fruit de l'imagination des personnages, de machinations diaboliques ou simplement de coïncidences? À vous de le découvrir!

Un roman d'épouvante?

Annoncé en grande pompe comme étant un roman d'épouvante, même louangé au titre de meilleur livre de l'année par Stephen King, l'histoire promet des frissons dans le dos. Après lecture de cette belle brique de près de 600 pages, je suis perplexe. Il me semble qu'il s'agit plutôt d'épouvante... douce!

Avant d'entamer l'aventure, j'avoue avoir été soulagée que mes périodes allouées à la lecture soient durant le jour, alors que je suis engouffrée parmi la foule des transports en commun. C'est que je suis de nature peureuse! J'ai pourtant trouvé que ce livre était facile à lire et l'histoire, bien que marquante, n'est pas venue me hanter en soirée.

Bien qu'il soit clairement indiqué que l'histoire se situe en Angleterre vers la fin des années 40, je n'ai pu m'empêcher de m'imaginer l'histoire plus tôt dans le siècle... avec un décor et des costumes plus inspirés d’ Anne la maison aux pignons verts. Peut-être est-ce le fait que Hundreds Hall ne bénéficiait pas de l'électricité?

Quoi qu’il en soit, l'auteure, Sarah Waters, met bien du temps à installer l'histoire. Si vous êtes du genre à vous ronger les ongles dans l'attente des premiers soubresauts, prévoyez-vous des grignotises supplémentaires, car le premier événement obscur met plus de cent pages pour arriver. Après coup, j'ai trouvé que cette longue mise en situation a été bénéfique pour savourer le roman dans sa globalité.

Une histoire savamment ficelé, qui, sans me clouer à mon siège et me faire oublier de descendre à la bonne station(!), m'a tenu en haleine et donné hâte à la prochaine période de lecture! Si vous en êtes à vos débuts dans l'épouvante, je vous recommande de commencer par L'indésirable.


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