Que diriez-vous si on vous annonçait que vous avez des chances d'accoucher le jour de Noël? Ou au jour de l'An? En me baladant sur les forums de mamans et sur certains sites traitant de maternité, je me suis rendue compte, en voyant l'abondance de témoignages, que la possibilité d'accoucher à Noël, ou au jour de l'An et pendant les Fêtes, préoccupe plus de femmes que je ne l'aurais cru. Faites le test : tapez accoucher + Noël sur Google.
Les raisons évoquées sont multiples: ne pas vouloir que l'anniversaire du chérubin ne soit occulté par les festivités communes, avoir peur de manquer les réunions familiales et devoir réveillonner à l'hôpital, avoir envie de passer Noël avec ses aînés, ressentir le désir de présenter le nouveau-né à la famille qui sera justement réunie à un même endroit, participer à la course au bébé de l'année, avoir planifié d'ouvrir la bonne bouteille de rouge tant attendue le soir du réveillon, etc.
Vos options : faire un choix éclairé!
La solution pour certaines devient alors le déclenchement de l'accouchement. Une induction (déclenchement) peut être pratiquée pour indication médicale (lorsqu'il y a présence de pathologie maternelle ou fœtale la justifiant), ou de convenance (aussi dit de principe ou électif). Évidemment, dans les cas évoqués précédemment, on patauge allègrement dans la deuxième catégorie. La question à se poser est : une induction de convenance, même si la grossesse est considérée à terme, est-elle une pratique sécuritaire? Est-ce que les bénéfices surpassent les risques d'une intervention comme l'induction artificielle du travail? L'OMS (Organisation mondiale de la Santé) avance que « l'accouchement ne devrait pas être provoqué par commodité et il ne faudrait procéder au déclenchement artificiel du travail qu'en présence d'indications médicales précises ». La SOGC (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada) soutient que « comme le déclenchement du travail par convenance comporte un risque de complications, il faut tenter d’en dissuader la patiente et ne l’entreprendre que si elle a été complètement informée de ces risques et si l’âge gestationnel a été établi avec précision. Les risques du déclenchement comprennent un taux accru d’accouchements vaginaux nécessitant une intervention chirurgicale, de césarienne, d’activité utérine excessive, de fréquence cardiaque fœtale anormale, de rupture utérine, d’intoxication maternelle aqueuse, d’accouchement pré-terme en raison d’une erreur de dates et, peut-être, d’un prolapsus du cordon ombilical accompagné d’une rupture artificielle des membranes. »
La HAS (Haute Autorité de Santé) affirme que le déclenchement de convenance ne devrait jamais être réalisé avant 39 semaines et devrait uniquement être pratiqué sur un col favorable (score de Bishop ? 7), allant dans la même direction que la grande majorité des autorités en matière de santé au niveau international. Évidemment, dans tous les cas, il ne s'agit pas de prendre une décision hâtive, mais bien de faire un choix éclairé, après bien s'être renseignée sur les risques et avantages d'une telle pratique. Que pouvons-nous alors faire pour faciliter cet événement tant attendu à un moment si chargé de l'année? Organiser le réveillon de cette année dans la région, ne pas aller réveillonner trop loin, terminer les achats et préparations pour les fêtes plus tôt qu'à l'habitude, s'assurer d'avoir un chauffeur désigné lors des festivités, organiser la garde pour les enfants plus vieux, changer la date de vos sorties, prendre sur soi, fêter à l'avance, ou remettre à plus tard le réveillon familial.
On peut aussi tenter de dédramatiser la situation! Si vous n'êtes pas une adepte des réveillons et des festivités entourant Noël, voilà une belle façon de vous en tirer! Et puis, si au contraire, vous adorez cette période de l’année, gardez en tête qu’un accouchement à Noël (ou au jour de l'An), dans une vie, ça n’arrive pas souvent! Sur ce, passez de joyeuses Fêtes, bedaine ronde ou pas!












