Vous êtes en train d’accoucher. Là, maintenant. Après un travail plutôt long et assez ardu, durant lequel vous avez fait plus que votre part de visites au service de maternité, arpentant de long en large les corridors achalandés, vous vous apprêtez à faire le plongeon ultime (évidemment, je ne parle pas au sens propre ici!) dans le grand bain tourbillon qui ne vous apporte pas nécessairement l’effet escompté. Puis, exténuée, vous vous retrouvez allongée sur votre lit, attendant avec impatience l’anesthésiste pour votre péridurale. (Je vous assure que lors de mon accouchement, dès qu’il est arrivé, j’ai voulu l’embrasser passionnément!).
Certaines se reconnaîtront
Le jour de votre accouchement, votre bébé ne semble pas très bien placé, le travail s’éternise, n’avance pas comme on semble s’y attendre et les douleurs, plutôt localisées dans les reins, sont tout simplement insupportables. Puis vient le moment de la poussée. Votre médecin vous installe, couchée, semi-assise, vous demande de remonter vos pieds dans les étriers, et s'installant aux premières loges, l’infirmière se prend pour un coach de football :«Poussez, madame! 1, 2, 3…» L’expulsion semble difficile, bébé ne collaborant que très peu. Cela amène quelques difficultés chez ce dernier, puis on choisit d’aider un tantinet la nature à l’aide de grosses pinces à barbecue («forceps» pour les intimes), causant un peu de dommage au passage. Bébé naît en forme, mais cela vous prend quelques semaines à retrouver la vôtre. Votre périnée a beaucoup souffert et les exercices Kegel, même si pratiqués de façon abusive, ne vous offrent pas le soulagement attendu.
Bouger en accouchant… une autre option?
Il n'est pas rare d'entendre, à quelques variations près, des histoires comme celle-ci. Souvent, il est possible d'aider le déroulement de l'accouchement en travaillant de pair avec la physiologie. En dehors de l’immersion dans un bain tourbillon et l’adoption de certaines positions dans le lit au moment de l’expulsion, bouger en accouchant peut aussi signifier danser, se balancer, se bercer! Seule, appuyée sur le mur, dans les bras de son conjoint, sur un ballon, dans une chaise berçante, dans une balançoire, sur le siège arrière de la voiture. On peut aussi déplacer son bassin de gauche à droite, les genoux au sol, le haut du corps appuyé sur le ballon. Ou bien, on peut sautiller légèrement sur place. Les possibilités sont nombreuses et chaque position peut avoir son utilité.
Des méthodes utilisées par les accompagnantes à la naissance
Une méthode utilisée par certaines accompagnantes à la naissance consiste à enrober le bassin de la future mère à l'aide d'un grand tissu appelé rebozo (un drap d'hôpital ou un grand foulard peut faire l'affaire) et, littéralement, à le brasser frénétiquement. Aussi bizarre que cela puisse paraître, plusieurs femmes en retirent un bien fou! Un bébé dont la rotation a tendance à s'éterniser, voire à ne pas avoir lieu, peut bénéficier grandement d'un mouvement ou d'un changement de position. Un accouchement dystocique (dystocique : se dit d'un accouchement difficile, par opposition à eutocique: accouchement qui s'effectue dans des conditions normales) laisse plus souvent qu'autrement présager certaines interventions, voire une cascade de celles-ci. Toutefois, un enchaînement adapté de positions et l'adoption de certains mouvements pratiqués au bon moment (c'est-à-dire en se basant sur le déroulement global de l'accouchement, le type de douleurs que ressent la mère, l'avancement de la dilatation, la position de bébé, etc.) peuvent faire toute la différence. Évidemment, il ne s'agit pas là d'une méthode au succès garanti «ou argent remis», mais bel et bien d'une corde de plus à un arc parfois fragile.
Positionnement et mouvement adaptés = bien-être et efficacité
Les accompagnantes à la naissance travaillent énormément avec le positionnement et le mouvement. Certaines infirmières et certains médecins ont aussi reçu des formations sur le sujet. Et tout ce qui constitue un bénéfice évident sur le déroulement de l'accouchement aide également pour la gestion de la douleur. Moins de douleurs = moins d'adrénaline, ce qui mène à plus d'endorphines… Quand on a plus confiance en soi, on sécrète plus d'ocytocine donc nos contractions sont plus efficaces, ce qui fait avancer le travail, nous redonnant confiance et plus de calme… donc plus d'endorphines et moins de douleurs... Et ainsi se crée un effet domino bénéfique. Enfin, je crois que vous saisissez déjà l'essence de mon propos: lors de votre prochain accouchement, bougez!













