Collaboratrice pour Mères et Cie depuis déjà un bon nombre de mois, j'ai entamé ma première grossesse en novembre 2009. Ayant quelques connaissances théoriques en main, j'entrais personnellement, après des années à y rêver, dans le « merveilleux » monde de la maternité. J'étais pleine d'enthousiasme. J'ai toujours cru que « grossesse » et « bonheur parfait» étaient synonymes.
Une nuit de décembre, mon estomac m'apprend ce que sont les nausées de grossesse. Mon premier rendez-vous avec la cuvette de toilette aura lieu à 2h00 du matin. Yé! Je suis vraiment enceinte! Et ce ne sera que le premier d'une longue suite de rencontres entre la cuvette blanche et moi. Des trucs pour gérer les nausées? J'en ai des tonnes. Aucun n'a été réellement efficace pour moi. Mais bon, je suis tellement heureuse!
Puis, rapidement, fini l'entraînement, le yoga et les sorties. Un petit pois commande désormais ma vie! Boulot, sofa, cuvette de toilette, dodo, ma vie ne tourne qu'autour de ces quatre endroits depuis des semaines. Nausées et vomissements prenant toute la place. Et moi qui croyais que les femmes enceintes étaient rayonnantes. Quelqu'un pourrait le dire à mon visage? J'ai l'air d'une adolescente avec ma poussée d'acné! Le fond de teint camouflerait bien le tout... mais trop vannée pour me démaquiller le soir venu, il demeure bien au fond de ma trousse de maquillage.
Et les émotions... C'est complètement abasourdit, que chéri me regarde un jour lancer de la vaisselle par terre. Ben quoi? Ce n'est pas de ma faute, toutes mes énergies sont monopolisées par l'effort nécessaire pour conserver un semblant d'équilibre. Désolée, je n'en ai plus aucune pour gérer ma colère... Je suis épuisée moi! Ah, mais je suis tellement heureuse...
Puis, des malaises gastriques sévères forcent un arrêt de travail temporaire. La grossesse n'est pas une maladie? He bien je ne dois pas être enceinte pour vrai alors. Parce que moi je me sens malade. Très malade! Comment survivre à la grossesse? Ah misère, c'est bien long 40 semaines!
Quel choc de réaliser que chaque grossesse est unique et que parfois, elles ne sont pas parfaitement heureuses. Mais qu'il est rassurant de savoir que c'est correct de se sentir plus malade qu'enceinte. Qu'il est bon d'accepter que je ne peux pas maîtriser la tempête hormonale qui a cours en moi, que j'y suis tout à fait vulnérable et que c'est correct. Que de ne pas être une « superwoman » heureuse et épanouie enceinte ne fera pas de moi une mauvaise maman.
Mais bon, ne croyez pas que je sois malheureuse, c'est faux! Il suffit que je regarde la binette de mon petit pois (devenu langouste!) collée sur le frigo pour accepter ces difficultés. Il suffit que je pense à ce jeune patient qui m'a dit, à l'hôpital où je travaille, qu'il savait c'était quoi les nausées et les vomissements pour me rappeler que les miens ont un sens. Mes malaises sont provoqués par mes hormones. Lui par la chimio. C'est un bébé qui pousse dans mon ventre, pas une tumeur.
À toutes ces mamans pour qui « grossesse » et « bonheur parfait» ne sont pas synonymes, je vous souhaite de vous donner le droit de vous plaindre! 40 semaines, ce sera vite passé quand nous aurons notre bébé dans nos bras...
Moi auteure, travailleuse sociale, enceinte de 17 semaines.
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