Je me disais, à mon premier accouchement, que ce n’était là certes pas une position gracieuse et confortable. D’abord, c’est pas joli, mais pas du tout. Ensuite, ça semble tout sauf confortable. Et pour la logique (bébé doit remonter avant de sortir, mais à quoi bon le principe de gravité?), on repassera.
Les positions qu’il est possible d’adopter durant le travail et l’expulsion n’ont de limite que notre imagination – et peut-être un peu nos capacités physiques du neuvième mois de grossesse. Voilà où je veux en venir : Les positions adoptées durant le travail et l’expulsion peuvent avoir un effet plus que bénéfiques sur la durée, le déroulement, et l’issu de l’accouchement, tout comme sur la facilité à négocier avec les douleurs de l’enfantement etl’état de la mère et de l’enfant après la naissance.
Saviez-vous que le bassin est 28% plus ouvert en position accroupie qu’en position de lithotomie (allongée sur le dos, avec support aux jambes ou non)? Saviez-vous que le coccyx se déplace (sans qu’on s’en rende compte) de quelques centimètres vers l’extérieur pour laisser passer le bébé, lorsque la position adoptée ne bloque pas ce mouvement (c'est-à-dire pas sur le dos, ou semi-assise)? Saviez-vous que le canal vaginal, au moment de l’expulsion, s’ouvre à sa plus grande capacité lorsque la femme est accroupie, un peu moins lorsqu’elle est debout ou à genoux (mais encore de façon valable), et se ferme lorsqu’elle est assise, et encore plus lorsqu’elle est couchée, que ce soit sur le dos ou sur le côté? Saviez-vous que la gravité aide à la venue et à l’efficacité du réflexe de poussée physiologique (réflexe de Ferguson), et qu’elle peut être mise à contribution en position debout, à genoux, accroupie, assise (sur une chaise de naissance)?
Vous doutiez-vous que le fait de relever les bras durant la poussée enclenche un réflexe de bretelle (sur les muscles abdominaux et la plancher pelvien) qui protège le périnée? Cela est vrai pour n’importe quelle position, et facilité avec l’emploi d’une barre de squatting (disponible dans la plupart des hôpitaux). On diminue ainsi les risques de déchirure. Saviez-vous que le fait d’être à quatre pattes peut être bénéfique dans le cas d’une bradycardie fœtale et que cela peut aussi encourager un bébé en postérieur à compléter sa rotation (et ainsi, faciliter son expulsion)? C’est une excellente position pour éviter déchirures et épisiotomies, étant donné qu’elle limite grandement la pression exercée sur le périnée. Parfait pour pousser un gros bébé et éviter une dystocie des épaules.
Pensiez-vous que le décubitus dorsal (à plat dos) était la seule position imaginable une fois sous épidurale? Quelqu’un vous a proposé le décubitus latéral? C’est que cette dernière position, en plus d’offrir un repos au corps de la femme et de permettre une certaine ouverture du bassin, à condition de soutenir la jambe supérieure, diminue aussi les risques de décélération du cœur fœtal et permet un passage plus « logique » à travers le canal vaginal. C’est une excellente alternative lorsque notre mobilité se trouve réduite. Et c’est sans parler des bénéfices reconnus des positions asymétriques, des positions assistées, voire des positions inventées sur le coup, par une sorte d’instinct. Et je pourrais poursuivre durant des heures…
Maintenant, à votre avis : la position gynécologique classique pourrait-elle être désuète, voire néfaste? Je vous le demande, car moi, mon idée est faite. À ce propos, sachez que l’Organisation Mondiale de la Santé classe l’utilisation systématique de la position dorsale durant le travail dans la catégorie A : « Pratiques qui sont à l’évidence nocives ou inefficaces et qu’il convient d’éliminer ».
Je ne saurais vous quitter sans vous conseiller fortement les écris et médias de Bernadette de Gasquet, dont son DVD : Les positions d'accouchement, Dr Bernadette de Gasquet (35 minutes, janvier 2008) et son livre Trouver sa position d'accouchement, Bernadette de Gasquet, livre (Ed. Marabout, février 2009).













