« Pas de photos, pas de commentaires! » Après l’accouchement mémorable de mes jumelles, j’étais, enfin nous étions des stars à la maternité!
4 décembre 2009
Mon médecin me dit, l’air désolé : « J’ai discuté avec le spécialiste de Ste-Justine et on conseille de provoquer ton accouchement la semaine prochaine. »
Alors que mon docteur mettait des gants blancs pour m’annoncer cette nouvelle, je me réjouissais. Avec l’effacement hâtif de mon col et la différence de poids de 25 % entre les deux bébés, laissant deviner un syndrome transfuseur-transfusé, j’étais contente de m’être rendue si loin (35 semaines). Sans compter le fait de pouvoir accoucher dans mon hôpital et avec mon médecin!
D’ici là, j’étais enfin autorisée à faire du jogging (ha ha ha!), le ménage et… l’amour!
Le jour J (J pour jumelles!)
Après les examens d’usage (col ouvert de 3 cm : une économie de 12 heures comparé à mon 1er accouchement!), on complète mon admission et je me dirige vers ma chambre.
9 h : Pytocin. Espérons que ça se passe rapidement!
Déception
J’admire les femmes qui, en connaissance de cause, ont la volonté d’accoucher sans épidurale. Quant à moi, je ne suis donc pas de cette trempe! Ma devise, c’est que, s’il y a un moyen d’éviter cette douleur naturelle, je veux en profiter!
À cause d’un problème de santé non relié à ma grossesse, le médecin m’informe cependant que je n’aurai pas droit à l’épidurale. Pour en avoir bénéficié lors de la naissance de ma fille aînée, je sais très bien ce que je vais manquer, misère!
C’est ainsi que mon post-partum a débuté avant même que mes filles ne soient nées! Des larmes coulent sur mes joues et l’idée que les infirmières les voient en redouble l’ardeur! La gentille infirmière qui essaie de m’encourager n’aide pas les choses!
Mon sauveur!
Si bien des femmes disent qu’on oublie l’effet des contractions après avoir eu son bébé, dans mon cas, ça m’est vite revenu en mémoire une fois mes eaux crevées!
Alors que j’étais ouverte à 5, l’anesthésiste est arrivé avec une pompe à morphine. À la pression d’un bouton, la pompe m’injectait une infime quantité de morphine, juste assez grande pour me soulager et assez petite pour ne pas avoir d’effet sur les bébés. La dose totale administrée par période de temps étant contrôlée, je ne recevais pas plus que la dose maximale, même si j’en demandais plus.
L’effet durait 30 secondes et prenait 30 secondes à arriver. J’ai vite compris le principe pour synchroniser l’effet avec le sommet de ma contraction! J’ai ainsi relaxé et le travail s’est vite activé. Une heure plus tard, j’étais prête à pousser!
Intimité?
À mon hôpital, sauf en cas de césarienne, tout se fait habituellement dans la chambre de la patiente. Les risques de césarienne étant accrus, on accouche des jumeaux directement dans la salle d’opération.
Après un rocambolesque transfert de ma chambre vers la salle d’opération, durant lequel mon lit a brisé en chemin(!), je suis arrivée en salle d’opération prête à donner tout un spectacle devant les nombreux(!) participants à l’événement!
Quatorze membres du personnel médical assistaient, soit mon médecin et une interne, deux pédiatres, un anesthésiste, un inhalothérapeute et huit infirmiers(ères). Ouf! Un accouchement onéreux!
Une finale rapide!
15 h : transfert vers la salle d’opération. 15 h 10 : je me prépare à pousser.
15 h 14 et une poussée plus tard : Mimi poussait son premier cri. Au suivant! Le médecin s’inquiète, elle ne sent pas la tête du 2e bébé!
Dans certaines conditions, il est possible d’accoucher de façon naturelle, même si le 2e ne se présente pas par la tête. Il faut d’abord que le 1er bébé se soit présenté tête en bas, que le 2e soit plus petit et que le médecin soit capable de faire une « grande extraction », c'est-à-dire aller chercher le 2e bébé par les pieds. Mais pour ce faire, il est vraiment préférable que l’épidurale ait été administrée!
J’ai alors croisé mes doigts… et mademoiselle Coco a poursuivi son chemin et s’est montrée tête première six minutes et deux poussées après sa jumelle! Fiou!
Ce fut un choc pour moi de voir concrètement les deux bébés que j’avais dans le ventre quelques minutes auparavant!
Ensuite, il y a eu quelques complications reliées à mon fameux problème de santé. Je n’étais pas au bout de mes peines, mais j’avais deux petits bébés (5 lb 4 oz et 3 lb 15 oz) avec un Apgar à faire pâlir d’envie les bébés à terme et c’est ça qui comptait.
Retour sur l’épidurale
Pour avoir vécu deux accouchements avec et sans cette merveilleuse invention, je dirais que, pour moi, elle fut plus appréciée durant le travail qu’à l’accouchement propre. J’ai certes senti deux fois exactement la même brûlure au passage des petites, mais pour la seconde que ça a duré – sans vouloir recommencer pour autant(!) - ce n’était pas si mal.
Retour à la normalité
Pour terminer, j’aimerais ajouter qu’après avoir été le centre d’intérêt et la cible de plein d’attentions autour de ma double bedaine, j’ai vite repris le chemin de la normalité, et ça m’a un peu manqué.
Aujourd’hui, quand je promène mes jumelles en poussette et que tout le monde vient s’extasier devant elles, elles ont beau être les stars, c’est moi qui pourrait dire : « Pas de photos, pas de commentaires! »
Mère – en simple et en double!













