DÉFI. Ais-je bien entendu le mot défi? N'est-ce pas ce que je fais chaque jour depuis 4 ans, relever des défis? J'ai d'ailleurs l'impression que je ne fais que ça 24 heures sur 24. Seulement concilier travail et famille constitue le défi de l'année pour moi... Cela sans compter la gestion des crises, des rendez-vous, des lavages, des courses et j'en passe. Je me demande bien quel défi je n'ai pas encore relevé. En réfléchissant bien, il me vient quelques idées : je pourrais faire le marathon du changement de couches à 3 heures du matin ou celui de la mère qui descend le plus rapidement possible les escaliers en plein milieu de la nuit parce que sa fille crie à tue-tête à la suite d'un cauchemar...
Blague à part, lorsqu'on m'a parlé des 52 défis parents pour améliorer les relations avec mes enfants, j'avoue que j'étais plutôt intriguée. Il s'agit en fait de 52 cartes qui visent à développer les aptitudes parentales. En en lisant quelques-unes, je me suis dit : « Pourquoi ne pas essayer? » Si j'arrive à relever une multitude de défis seulement en une journée, je suis sûrement capable d'en relever un de plus par semaine. Tout ce qui peut m'aider à devenir une meilleure accompagnatrice pour mes enfants mérite d'être considéré.
Le principe est simple : je pige une carte le lundi matin pour me fixer des objectifs à atteindre pendant la semaine. Je mets cette carte bien en vue sur le frigo afin de ne pas l'oublier et ainsi pouvoir m'y référer au besoin. Je peux impliquer mon conjoint et même mon enfant dans la réalisation de mon défi. Pour ma part, j'ai décidé de le réaliser seule.
Vous voulez quelques exemples de défis à relever? La première carte que j'ai pigée avait pour titre « Reflétez ses émotions ». On nous propose de s'exercer à reconnaître et à refléter les émotions de notre enfant. On y souligne que cette façon de faire nous permettra de mieux le connaître, tout en l'aidant à mieux se connaître lui aussi. En citant l'exemple d'un enfant qui a vécu une chicane avec un ami, on nous donne quelques conseils dans la façon d'intervenir. Ainsi, après l'avoir laissé raconter ce qui le tracasse, on nous suggère de reprendre l'essentiel de ce qu'il a dit en nommant son émotion et en vérifiant auprès de l'enfant si on a vu juste.
Lorsque j'ai pigé la carte « Laissez-le choisir », je me suis dit : « Il choisit déjà tellement de choses. Que pourrais-je lui laisser choisir de plus? » En lisant son contenu, j'ai compris qu'on faisait davantage référence aux ordres que nous donnons à nos enfants dans une journée. En fait, on nous dit que notre enfant a besoin de développer son autonomie et que chaque fois qu'il nous dit non, il nous le démontre. Pour faciliter cet apprentissage, on nous suggère donc de donner des choix. Par exemple, au lieu de lui dire : « Viens t'habiller », on suggère de dire : « Veux-tu monter seul t'habiller ou préfères-tu que j'aille te chercher? » Après l'avoir mise en pratique, je peux assurément dire que c'est une bonne tactique.
Troisième semaine qui débute. Je pige la carte suivante : « Accordez-lui le droit d'être en colère ». On y lit ce qui suit : « Une émotion exprimée est toujours préférable à celle qui est réprimée. » Évidemment, c'est toujours plus facile à dire qu'à vivre; on se passerait bien des explosions de nos petits. Mais quand on y réfléchit bien, on s'aperçoit qu'il y a des colères qui sont tout à fait légitimes. Il nous arrive toutes d'en avoir, n'est-ce pas? Cette carte nous permet de se questionner. Si on vous demande agressivement de vous calmer, allez-vous le faire? Sérieusement... L'enfant aura la même réaction. Si on lui dit qu'on comprend qu'il est fâché, qu'on reconnaît qu'il peut être en colère, il sera davantage apte à nommer son émotion de la manière la plus juste possible. Après quelques essais, je dois dire que ça fonctionne une fois sur deux dans mon cas.
« Utilisez le sac à mandats » est sans contredit une des cartes que j'ai trouvée la plus intéressante. C'est à la fois amusant et efficace. Le but est de développer le sens des responsabilités de notre enfant. Il s'agit de déposer dans un sac des bouts de papier sur lesquels sont inscrites toutes les tâches pouvant être réalisées par notre enfant. On suggère même d'y inclure des devoirs amusants tels faire la danse du canard, faire une culbute, etc. Notre enfant pige alors trois papiers et réalise ses mandats dans le délai inscrit sur les notes. Plaisir garanti!
Ce ne sont là que quelques-uns des défis proposés sur chacune de ces cartes pour améliorer vos relations avec vos enfants. Tout ça accompagné de moyens pour y parvenir. Toutefois, comme le dit si bien la carte no 52 « Changez de moyen d'intervention », il importe de se rappeler que notre enfant est unique et que le contexte qui nécessite notre intervention l'est tout autant. Conclusion : si nous n'obtenons pas de résultat avec notre enfant, il faut tout simplement changer de moyen. Après tout, ce qui fonctionne avec l'un ne fonctionne pas nécessairement avec l'autre. Allez... je vous mets au défi!
Source : 52 Défis parents, Renée Parent et Danie Beaulieu, Impact Éditions













