Vous savez... papa, maman, fiston et fillette, comme dans les pubs de Resto Pizz, de la famille Knorr et j'en passe, bref, la famille parfaite où l'aîné est un garçon, protecteur de sa petite sœur ? On peut même y ajouter un membre de la race canine !
Chez nous, la représentation des sexes est largement inégale. Ici, c'est Nathalie et ses hommes! On y compte Chéri, Aîné, Cadet, Benjamin... et, comme il faut une personne de sexe féminin pour porter les enfants... moi! Chéri et moi étions au même diapason sur la famille que l'on souhaitait: deux, peut-être trois enfants. Aîné est arrivé dans nos vies, il y a maintenant plus de 7 ans. Lorsqu'il a eu 2 ans, l'appel de la maternité a claironné de nouveau. Cadet s'est donc présenté l'année suivante. Le passage d'un à deux enfants ne s'est pas fait sans heurt. Ainsi, jusqu'à ce que Cadet ait 2 ans, je me disais que ce serait pure folie que de même oser penser avoir un troisième enfant.
Avez-vous remarqué que les couples ayant un garçon et une fille ne se font pratiquement JAMAIS demander s'ils souhaitent un troisième enfant?
C'est tout autre chose lorsqu'on a deux fistons... C'est comme si l'enfant du sexe opposé absent, en l'occurence une fille pour nous, est un trou béant dans nos vies, un manque à tout jamais. Des chercheurs se sont même penchés sur l'impact de cette situation sur la solidité du couple! Semblerait-il que les couples avec des enfants des deux sexes tendent à rester plus unis que les couples avec des enfants du même sexe. Se pourrait-il qu'il y ait un IMMENSE biais dans ces études? Es-ce que le parent qui souhaite ardemment un enfant d'un certain sexe mette lui-même son couple en péril?
Revenons à ma petite famille... Eh bien, les clairons de la maternité ont retenti de nouveau, et pas parce que je m'étais déjà fait demander par plein de monde, surtout de purs inconnus: "Voulez-vous un troisième enfant pour essayer d'avoir votre fille?"... Cette nouvelle grossesse s'est terminée hâtivement et abruptement. Comme le vivent plusieurs femmes, un tiers selon les statistiques officielles, la moitié de celles qui m'entourent, la fausse couche est venue me rappeler que c'est aussi ça la vie et que deux petites lignes bleues ne garantissent pas instantanément un bébé neuf mois plus tard.
Notre désir d'enfant n'étant pas mort, mais un peu écorché, Chéri et moi avons foncé et finalement, foetus Benjamin nous est apparu en deux dimensions et en bonne santé. Selon vous, combien de visages désolés se sont affichés devant moi et ma bédaine lorsque j'annonçais fièrement que j'attendais un garçon? Croyez-le ou non, des dizaines... Aimeriez-vous avoir un aperçu des commentaires entendus?
"Es-tu contente?", "Pas trop déçue?", "Ben coudonc, ça ne te coûtera pas cher de soins esthétiques", "Bon ben, ça vous fait un trio de hockey!","Ouin, ça va bouger chez vous!" et celui qui m'a VRAIMENT jeté par terre:"Ah ben... Allez-vous vous essayer pour un quatrième?" Eh! Peut-on laisser celui-ci naître tranquille ?! Non mais, il manque vraiment quelquechose à ma vie...
Moi, accompagnante à la naissance et marraine d'allaitement de passion, j'ai mis au monde trois magnifiques enfants qui ne porteront jamais d'enfant et qui n'allaiteront pas. Et alors! J'ai confiance en la vie. Je me dis que j'ai peut-être quelque chose à apprendre de ces garçons qui deviendront un jour des hommes. Oui, la vie est sage. Et non, nous n'aurons pas un autre enfant. Nous sommes demeurés fidèles à notre plan en abolissant le "peut-être". 3 est le chiffre magique pour nous, n'en déplaise à certaines personnes qui ont en horreur les chiffres impairs... Une autre affaire!!! Et vous remarquerez que nous n'avions jamais fondé d'espoir sur un sexe ou l'autre... ou les deux.
Bref, chez nous, ça ressemble plus à l'émission Les Parent, mais en plus jeune et moins léché, pour ne pas dire un peu trash. C'est ma famille... et je l'aime dans toutes ses imperfections!













