La jasette

Histoire de Maman

Dans le cadre du 5e anniversaire de Mères & Cie, nous offrons la chance à nos lectrices de partager avec nous (et surtout avec vous!) une facette de leur vie de mère, un pan de leur maternité… une histoire de maman, quoi! En ayant la chance d’être lue par des milliers de lectrices, chaque maman nous montre, à travers son écriture, les bonheurs et les revers d’une vie dont on ignore tout avant d’avoir les deux pieds dedans. À travers les Histoires de maman qui seront publiées à raison d’une par mois pendant toute l’année 2012, célébrons ensemble les bons et moins bons côtés de la maternité : soyons des mères assumées!

 

 Moi, je ne voulais pas d'enfant!

J'ai toujours aimé les enfants, mais ceux des autres. J'habitais un appartement avec mon conjoint et tous les deux, on ne se voyait pas courir partout ou à quatre pattes pour faire les fous. En octobre 2009, nous avons acheté notre maison, en banlieue, avec une belle grande cour arrière. Je ne croyais pas vraiment à ça « l’éveil » des hormones, l'horloge biologique qui sonne... Mais en janvier 2010, c'est arrivé! Toute une alarme même! L'envie d'avoir un enfant m'a prise. Heureusement, mon conjoint aussi s’est laissé conquérir par sa propre horloge et commençait à avoir une tout autre opinion de la paternité.

Allez, on plonge! Sans n’en parler à personne pour conserver l’effet de surprise, nous avons commencé les essais. Après à peine quelques mois, ô bonheur, je suis enceinte. Les yeux de ma mère lorsque je lui ai annoncé ma grossesse, ça valait un million! Ma sœur me demandait depuis des années quand ses filles auraient un cousin ou une cousine. À cette époque, elle était en stage dans le Nord du Québec. Je lui ai donc envoyé une photo de mon test de grossesse pour lui annoncer la grande nouvelle. J’ai eu droit à un appel téléphonique ponctué de grands cris de bonheur! Tout le monde était ravi, vraiment, la vie ne m’a jamais paru plus belle.

J'ai malheureusement vite déchanté. Vers la cinquième semaine de grossesse, je me suis mise à avoir des crampes et des saignements. Ce qui s’annonçait comme un mauvais présage arriva. Voilà, mon premier bébé qui quittait son nid en me laissant seule et déprimée. Deux mois plus tard, un autre petit être est venu s’accrocher. Bonheur, joie, ravissement! Reste là mon petit cœur! Mais encore là, le spectre de la fausse couche se pointa vers la cinquième semaine. Désespoir infini. Malgré le fait que je devais m’attendre, comme ma sœur et ma mère, à rencontrer ce problème dû à un manque d’hormones me causant des difficultés à mener mes grossesses à terme, j’ai ressenti une grande tristesse. Ironie du sort, le médecin m’a dit que je devais avoir fait deux fausses couches pour que l’on regarde le problème avec des lunettes de praticien. Facile à dire, mais difficile à vivre dans le cœur d'une maman!

 Deux mois plus tard, je suis à nouveau enceinte (merci la vie!) mais, cette fois-ci, je dois prendre des hormones matin et soir, en restant immobile pendant 30 minutes. Comme vous pouvez l’imaginer, cela chamboule quelque peu un horaire de vie! Mais tout ça en a vraiment valu la peine, car ma cocotte s'est bien accrochée! J'ai été chanceuse, je n'ai pas eu trop de nausées et n'ai pas été malade. Mon bassin m'a cependant fait souffrir! La simple vue d'un petit centimètre de neige me faisait presque pleurer et me paraissait comme une montagne à gravir! Mais comme il y en a des moins chanceuses que moi, j’ai serré les dents et suis passée à travers ces neuf mois avec bonheur.

 Après 19 heures de travail, ma petite Émilie est arrivée, le 19 mai. Ma plus grande surprise s’est produite lorsque l’équipe médicale l’a déposée sur moi : elle a rampé jusqu’à mon sein pour s’y agripper! C'est fou ce que c'est beau la vie. À peine sortie du ventre de sa mère, elle accomplit déjà de petits miracles! Aujourd'hui, ma fille a sept mois et je dis souvent d'elle qu’elle est « mon petit bébé parfait »! Elle dort douze heures par nuit sans se réveiller, ne pleure presque jamais et fait de beaux grands sourires. Elle tape des mains et commence tranquillement à se mettre sur ses genoux. Bientôt, elle se déplacera facilement toute seule. Chaque jour, je la regarde dans les yeux et elle fait de même, en me faisant un grand sourire. C'est incroyable tout le bonheur qu'elle peut m'apporter. Et dire que je ne voulais pas d'enfant! Moi, je serais passée à côté de cet immense bonheur, de cet amour infini? Je réalise aujourd'hui qu’il aurait manqué quelque chose à ma vie. Une vie dont je profite aujourd’hui et à laquelle je ne changerais rien.

 Catherine Lepage 

 

Précédent
Suivant

Programmation : Quatral Solutions         Design graphique : Point de mire