La jasette

La décision de ne plus avoir d’enfants

J’ai trois enfants : Sidney, 4 ans et demi, James, 3 ans et Lennox, notre petit dernier, presque 3 mois. Lorsque nous avons pris la décision d’avoir des enfants, nous en voulions entre deux et quatre - un à la fois. Sidney et James sont nés rapprochés. Quelques années plus tard, Lennox est né.

 Depuis la naissance de Lennox, je ne cesse de penser au quatrième, qui ne viendra probablement jamais. Je pèse les pours et les contres d’une 4e grossesse et la balance penche de plus en plus vers la décision de ne pas entreprendre une nouvelle grossesse. Ma dernière grossesse fût particulièrement difficile. J’ai eu peur durant l’accouchement. Mon chum, de 10 ans mon aîné, se trouve de plus en plus vieux pour recommencer à neuf. Je réfléchi aussi au fait que notre salaire n’augmente pas proportionnellement avec le nombre de nos enfants. Serais-je encore capable de voyager et faire plusieurs activités quand j’aurai 4 bouches à nourrir? Serais-je capable de les aider dans leurs études? Et puis, y aura-t-il de la place dans notre 7-passagers avec les sièges d’auto, les enfants et les bagages? Vais-je être obligé d’attacher une remorque pour aller voir Mamie en Gaspésie? Toutes ces questions trottent dans ma tête… Sans cesse… Devrait-on arrêter d’avoir des enfants pour des questions de logistiques, des questions financières, des craintes d’une grossesse trop difficile? Et puis, quelque fois, je tourne la question dans l’autre sens : pourquoi avoir un 4e alors que mes 3 premiers sont en parfaite santé et que ma famille et belle et complète? Je tergiverse.

 Sous les bons conseils de mon amie, j’attendrai les 12 mois de Lennox avant de prendre une décision finale. Mais la balance penche de plus en plus du même sens. Je suis donc en deuil. Je ne sentirai probablement plus jamais de petits pieds pousser mon ventre. Je n’entendrai plus les petits pleurs du nouveau-né pendant la nuit. Je n’aurai plus jamais la chance de vivre l’émerveillement face aux premiers sourires de notre enfant. Chaque jour qui passe, je fais un deuil de ce que je n’aurai plus jamais la chance de revivre.

 Je suis en deuil. Mais malgré tout cela, lorsque je verse une petite larme, je pense à toutes les petites merveilles que je n’ai pas encore vécu, toutes les premières fois qui m’attendent : premier jour d’école, premier spectacle, premier cours de musique, première blonde, …. Je me dis alors que ce n’est pas une fin qui s’amorce mais bien le début d’une grande aventure! 


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