Vous me voyez venir : une chronique portant le titre « Le plus beau cadeau de Noël » écrite par une mère de jumelles nées la semaine de Noël ne peut que parler de la naissance desdites bessonnes! C’est pourtant d’un autre présent dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Oui, je suis une personne gâtée par la vie!
2 nouveaux bébés L’histoire débute le matin où mon accouchement est prévu. Nous quittons en catimini la maison en laissant notre fille de 2 ans encore endormie aux bons soins de sa grand-mère.
L’accouchement, bien que rocambolesque, se passe bien et Mimi et Coco nous comblent de joie. Par contre, leur petite taille et ma condition physique fragile nous laissent présager un séjour plus long que prévu.
Baby blues Un bon baby blues débute. Je n’y peux rien, j’ai beau être heureuse et aux soins de mes princesses, les larmes sont au rendez-vous plus souvent qu’à leur tour. Tout me fait pleurer : des premiers signes de complicité entre les petites aux plats de l’hôpital (de la dinde toute la semaine) qui me sont servis. Pour paraphraser ma grande amie Marie-Chouette, je me serais cachée dans un garde-robe pour pleurer tout mon saoul! Pour niveler ma dignité au plus bas, les infirmières semblent s’être entendues pour entrer dans les passages les plus larmoyants!
J’ai envie d’être chez moi, me blottir au chaud sous la couette avec Mylove, boire un chocolat chaud et rire avec ma grande fille.
Ma grande Mon aînée! Elle ne pourrait me manquer plus qu’en cet instant, presque autant que dormir et me sentir reposée! Depuis sa naissance, la plus grande période où j’ai été séparée d’elle a été 24 heures, qui ont passé à une vitesse folle. Maintenant, le temps prend bien son temps pour filer, sauf quand je dors entre les boires des jumelles!
Nous sommes en pleine crise de la grippe A H1N1 et l’hôpital a pris des mesures particulièrement strictes concernant les visites. Des visiteurs admis, les petits cœurs de 2 ans sont exclus. En cette semaine de Noël où je vais passer les jours festifs à titre de patiente, j’ai le cœur gros.
Après 2 jours, ma fille me manque terriblement! Mes hormones post-partum contribuent grandement à rendre la situation dramatique! Et je rêve de faire un pied de nez à la cuisine de l’hôpital (pourtant pas si pire) avec un bon repas maison bien assaisonné!
Mon cœur de mère en blues commence d’ailleurs à divaguer. Pourquoi faire chambranler notre vie heureuse à trois? Pourquoi avoir arraché ma grande à sa routine normale? Pourquoi priver mon aînée de ses parents?
Pour ce qui est de Mylove, il fait la navette entre l’hôpital et la maison. Il me donne des nouvelles de tout le monde et m’aide à relativiser quand les torrents menacent l’inondation. Je l’envie de pouvoir se sauver de l’hôpital, l’espace d’une heure ou deux, comme s’il allait festoyer pendant que je suis retenue en prison!
Le plus beau cadeau de Noël Puis, ma surprise de Noël est arrivée quelques jours à l’avance. Mylove est arrivé avec un délicieux repas maison et, après avoir négocié un petit privilège avec les infirmières dans le plus grand des secrets, ma grande fille! Elle est entrée avec son grand sourire, toute contente de faire une surprise à maman. Puis, en me voyant, son sourire s’est cassé et elle a couru vers moi pour me faire la plus belle caresse qui soit. Visiblement, il n’y avait pas que maman qui s’était ennuyée. Dans cette étreinte bien serrée, j’ai ressenti une des plus belles émotions de ma vie. C’était elle, le morceau qui manquait à mon casse-tête du bonheur!
Mylove nous regardait ainsi collées et était bien ému et content de son coup. Le Père Noël aura beau y mettre tous les efforts, rien n’égalera ce présent pour longtemps!
Nini est revenue 2 fois en cachette d’ici la fin du séjour. J’ai remercié le ciel d’être dans une maternité où tout se fait dans la chambre des patientes! L’absence de va-et-vient dans les corridors aura permis ces petites escapades secrètes. Je remercie encore les infirmières d’avoir été complices de ces petites joies impromptues.
Notre séjour aura duré 1 semaine. Nini, partie passer le week-end de Noël chez sa marraine (une bonne stratégie de diversion pour la cocotte qui était bien avec sa grand-maman, mais qui avait grandement besoin de changement), est revenue le lendemain de notre retour à la maison. Cette fois-ci encore, j’étais bien émue de la revoir. Et je ne l’ai jamais vue aussi colleuse depuis sa naissance!
Retour à la réalité Dès le lendemain, mademoiselle-en-pleine-crise-du-terrible-2, nous a vite ramenés à la réalité. La crisette commencée depuis quelques semaines était bien plus facile à gérer avec un seul enfant et des nuits complètes!
La fascination du mot « non » a bien fini par s’estomper et l’adaptation à la vie avec 2 nouvelles petites sœurs s’est concrétisée.
Aujourd’hui, s’il fallait que je sois séparée quelques jours de mes filles à nouveau – sans des hormones de post-partum(!) — gageons que je serais certainement moins bouleversée. Ce qui est sûr, c’est que jamais je n’aurai de plus beaux cadeaux que Mylove et mes 3 bébés!













