Je suis une femme de 34 ans, 5' 2", 123 livres. J’ai un poids santé et oui, on peut dire que je suis proportionnelle. Malgré tout, j'ai une petite poitrine et une bonne paire de fesses avec ce qu'on appelle une petite "culotte de cheval". Est-ce que mon apparence me préoccupe? Oui, bien sûr!
On pense souvent que les jeunes sont plus affectés par leur apparence que nous, les adultes. Que les répercussions sur l'estime de soi sont amplifiées. Je ne peux pas parler pour les autres, mais dans mon cas, je crois que c'est vrai. Je me souviens très bien de mon adolescence où j'avais un léger surplus de poids et de l'acné plein le visage, en plus d'être myope comme une taupe, donc je portais de superbes lunettes qui, dans le temps, m’accotaient presque sur les joues! Je n'avais pas non plus les vêtements derniers cris, ni une coiffure et un maquillage à tout casser. Mais malgré mon allure moche à mes yeux, j'étais entourée d'amis et j'avais même un petit ami. Aujourd'hui, je me sens sensiblement de la même façon, en ce sens que mon apparence n'a pas beaucoup changé, sauf que j'ai pris de la maturité. Être capable de se raisonner et de s'accepter est beaucoup plus facile. J’avoue, toutefois, que j'ai encore des rechutes, surtout lorsque l’on visite des proches de ma famille où l'apparence compte pour beaucoup.
Autour de moi, il y a Julie. Enceinte, elle avait pris plus de 50 livres et son conjoint, Éric, ne cessait de dire qu'elle perdrait tout après l'accouchement. Ouf... Quelle pression! Heureusement, elle les a perdues facilement. Dernièrement, leur fille de sept ans a été opérée pour se faire coller les oreilles. Elle était déjà très belle avant l'opération et elle n'avait aucun problème avec ses oreilles. La petite s’acceptait comme elle était et les autres enfants ne se moquaient pas d'elle. Quelques temps avant l'opération, j’ai entendu la fillette tenter de convaincre sa mère qu’elle était jolie comme ça et qu’est-ce que sa maman lui a répondu? "Mais tu seras encore plus belle les oreilles collées." Cette même mère qui s'est fait poser des implants mammaires et pour qui manucure et coiffure font partie des soins essentiels de sa personne. J'en suis restée bouche-bée! Veuillez noter qu'ici je ne juge personne ayant eu recours à la chirurgie esthétique, je questionne davantage l'attitude que le geste.
C’est bien beau véhiculer que l'apparence physique est secondaire, que ce qui compte c'est ce que l'on a à l'intérieur, mais ce n'est pas toujours facile à comprendre. Et même si c'est logique, ce n'est pas la réalité. L'influence ne vient pas toujours des mannequins, acteurs, chanteurs ou amis, mais parfois, des gens que l’on côtoie directement à la maison…
Prendre soin de soi est une valeur qu’il faut, à mes yeux, enseigner à nos enfants. Bien manger, faire de l’exercice physique de façon régulière et avoir une bonne hygiène corporelle sont des gestes importants, en autant que l’objectif visé soit la santé et non de devenir le sosie de Scarlett Johansson ou Taylor Lautner. Je ne dis pas que l’apparence physique n’a aucune importance, mais je pense tout simplement que malgré nos défauts, et tout le monde en a (surplus de poids, handicap ou autre), nous pouvons tous nous mettre à notre avantage et bien paraître, sans nécessairement ressembler à un mannequin. Notre personnalité a aussi une grande importance. Qui voudrait être en couple avec le gars le plus beau de la terre s’il est bête comme ses pieds? Juste le fait d’être bien dans sa peau se reflétera sur notre personnalité et ce qui se dégagera de nous sera, par le fait même, ressenti par notre entourage.
Adolescente, c’était la mode des chandails trop grands, donc très facile de camoufler un surplus de poids. Comment vivent les ados d’aujourd’hui avec les chandails serrés et les décolletés? Que dis-je, pas seulement les ados, mais aussi les enfants! Déjà vers 6 ans, les jeunes filles se préoccupent de leur apparence (poids et mode vestimentaire). Faire attention à ce que l’on mange et faire de l’exercice c’est bien. Faire des régimes et sauter des repas l’est beaucoup moins.
Malgré l’influence des médias et des amis, je crois que c’est à nous, parents, de veiller sur nos enfants et de trouver des solutions et des outils pour que nos jeunes soient bien dans leur peau, sans se sentir nécessairement à part des autres. Pour que nos enfants soient en santé et qu’ils s’aiment tel qu’ils sont, c’est-à-dire bien dans leur corps (s’accepter comme ils sont) et bien dans leur tête (avoir une bonne estime de soi et avoir confiance en eux), je crois que ça commence par la façon dont on se perçoit, nous, le parent, et comment on gère notre bien-être et notre apparence physique.
Vous trouverez ici quelques statistiques intéressantes concernant la préoccupation excessive à l'égard du poids.
Pour aider nos jeunes, je vous invite à aller faire un tour sur le site www.derrierelemiroir.ca/, un tout nouveau site Web créé dans le cadre de l'édition 2011 de la campagne « Ton influence a du poids » du Groupe d'action sur le poidsÉquiLibre. Cette campagne vise à amener les jeunes à avoir une image corporelle positive, en développant de saines habitudes de vie et de saines pratiques de gestion du poids. De plus, elle incite les jeunes à remettre en question le modèle unique de beauté pour laisser la place à des corps sains et diversifiés, des corps plus à notre image.












