La jasette

Oser se confier

Je m'appelle Valérie, j'ai trente ans et j'ai le plaisir d'avoir deux petits garçons de 7 mois et de 4 ans, Guillaume et Maxime. Dernièrement, j'ai découvert le plaisir de passer du temps avec d'autres mamans, d'autres femmes qui vivent la même chose que moi. Je les ai rencontrées dans un café rencontre pour les mamans.

À mon premier bébé, je me disais que ce n'était pas pour moi... Voyez-vous, j'ai toujours eu des amis au masculin, mais la maternité change beaucoup de choses... dont les sujets de conversations! Mais, le temps a passé rapidement, et j'ai raté ma chance. Au deuxième, une amie m'a conseillé d'y aller et j'ai essayé! Wow!

Se retrouver entre mères, avec les petites taches de bave, les cernes sous les yeux, les questionnements existentiels comme : où achetez-vous vos céréales d'orge? Ou les Ô! Combien satisfaisantes montées de laits contre les trop courtes nuits et le conjoint qui ne fait pas toujours ce que l'on attend de lui... Bref, des mamans comme moi, qui remettent en question leurs compétences. De la même manière que moi, elles ont toutes sortes de deuils à faire, sur leur façon de vivre, sur leur idéal de maternité. Des mères aussi dépassées que moi, mais qui font de leur mieux. Je me reconnais dans leurs questionnements, je me console dans leurs réponses, je m'encourage dans leurs témoignages...

Avec elles, je me sens à ma place comme maman, comme femme. On parle de sexe (pas toujours facile après le bébé), de l'allaitement, de son arrêt, du retour au travail (de la culpabilité qui vient avec les deux), du sommeil de bébé, des gadgets (pas toujours nécessaires mais dont je ne pourrais me passer), des garderies (ou comment reproduire la maison des fous dans Astérix), de la fierté face aux progrès de notre petit génie, des sorties possibles à faire quand on doit prévoir les repas, les dodos et traîner une mini valise avec soi. Enfin, de tout ce dont on voudrait toujours parler, mais qui n'intéresse plus nos amies célibataires ou qui finit par lasser notre moitié.

Avec elles, je pleure, je ris, j'écoute et je me confie. J'ai découvert la force du « moi aussi »... Moi aussi je vis ça et j'ai essayé ceci. Moi aussi je me sens comme ça. Moi aussi ça m'est arrivé. Avec elles je me sens normale. Pourtant, on n'est pas pareilles, on ne vient pas des mêmes milieux et le pire c'est qu'on ne se serait probablement jamais parlées si ce n'était de ces rencontres... Mais on aime tellement ça que, pendant les vacances, on continue de se voir chez l'une ou chez l'autre. Et vous pouvez être certaines qu'on organise ça simplement!

Avec elles, je fais partie d'un groupe. On dit qu'il faut un village pour élever un enfant... Ensemble, on met nos expériences, notre savoir en commun et on se sent plus compétentes.

Au cours des dernières années, on a sous-estimé la nécessité des groupes sociaux. On lit des livres, on écoute des émissions de télé, mais on reste chacune chez soi. À présent, j'ai redécouvert le plaisir que devaient avoir ces groupes de femmes qui se réunissaient. Les sœurs, les tantes, les cousines et les voisines qui jasaient, un café à la main, les marmots sur les genoux ou par terre, s'amusant et socialisant. J'ai retrouvé la solidarité féminine, l'empathie envers les autres mamans et je ne me sens plus seule à vivre tout ce qui m'arrive. Essayez pour voir... 

Fruits et Passion

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