L'arrivée d'un nouveau-né est un événement heureux. Les parents, la famille, les amis, tous ont attendu l'arrivée de ce petit être. Malgré la fatigue de l'accouchement, les parents ressentent un état d'euphorie qui dure parfois plusieurs heures. Et généralement parlant, c'est durant cet état euphorique que le papa appelle tout un chacun pour leur annoncer la bonne nouvelle.
Ceux qui ont eu des enfants pourront vous le confirmer, il se produit alors un phénomène... La majorité des personnes de notre entourage veut venir voir le nouveau-né et ce, le plus rapidement possible. Comme si l'on se devait de voir son petit visage avant tout le monde, et ainsi figurer parmi les premiers à offrir nos meilleurs vœux aux nouveaux parents. C'est une tradition qui dure depuis des décennies, une tradition que personne ne semble remettre en question.... sauf peut-être les infirmières et le personnel hospitalier ! Eh oui, si vous leur posez la question, ils vous répondront la même chose : « Madame, vous devriez essayer d'éviter la visite et vous reposer. » Je veux bien, mais est-ce réellement possible??
Lors de mon premier accouchement, sous l'adrénaline et l'euphorie du moment, j'ai invité tout le monde à venir me voir à l'hôpital. Il y avait presque une file d'attente à l'extérieur de la chambre ! Je trouvais que les visites à l'hôpital avaient un certain avantage : les gens ne peuvent s'éterniser, chose plus difficile à gérer à la maison. Telle était mon idée : avoir le plus de visite possible à l'hôpital et ainsi, pouvoir jouir d'une certaine tranquillité lors de mon retour à la maison. L'idée en soit n'était pas mauvaise... j'avais seulement omis quelques facteurs dans mon équation : la fatigue et .... les imprévus. La raison pour laquelle on nous garde un minimum de 48 heures à l'hôpital est pour s'assurer que tout se déroule normalement, et il arrive que tout ne se déroule pas comme nous l'avions imaginé.
Lorsque mon nouveau-né s'est retrouvé à la pouponnière parce qu'il avait cessé de respirer à 2 reprises et que le pédiatre tentait de m'expliquer ce qu'il avait diagnostiqué sous les regards inquiets et curieux de la visite, j'ai regretté amèrement d'avoir lancé des invitations. J'aurais voulu vivre ce moment intimement avec mon conjoint. Je ne voulais pas sortir de la pouponnière et avoir à expliquer pourquoi Sidney était sous observation et non avec moi dans la chambre. Je ne voulais plus de cadeaux, je ne voulais plus parler de son poids à la naissance ou du déroulement de l'accouchement. Je voulais qu'on me laisse seule avec mon conjoint et mon bébé.
Rassurez-vous, Sidney est aujourd'hui en parfaite santé et toute cette histoire n'est plus que chose du passé. Par contre, lors de mon deuxième accouchement, je ne me suis pas fait prendre. William et moi avons avisé notre famille et nos amis que nous ne voulions PAS de visite ! Du moins, aucune visite sans que nous ayons lancé une invitation. Bon, plusieurs ont d'abord été choqués de cette déclaration, mais tous ont finalement compris que ce n'était pas une décision prise contre eux mais bien dans le but de me permettre de récupérer dans les meilleurs délais. Notre entourage a respecté cette décision.
Je sais que notre intransigeance a fait jaser et que certains ont même émis quelques jugements sur ma personne. Soit! Cette décision nous l'avons prise pour notre famille, notre noyau. Le plus tôt je retrouve la forme, le plus tôt je suis en mesure de m'occuper de mes deux enfants et c'est ça l'important. Je suis fière aujourd'hui car je n'ai pas plié sous le poids de la pression sociale. Je me suis respectée dans ce que je croyais être le mieux pour moi et mes enfants. Et, imaginez-vous que lors de mon deuxième accouchement, c'est moi qui ai subi mon lot de petits problèmes, mais au moins, je n'ai pas eu à les partager avec toute la parenté!
Politiquement incorrect ? Peut-être l'avons-nous été. Mais maintenant que nous attendons notre troisième, je sais que je serai « politiquement incorrecte » et ce, sans hésiter ! Car je crois que la meilleure façon de bien prendre soin de ses enfants est de s'occuper d'abord de soi-même et se donner les outils pour retrouver la forme le plus rapidement possible.













