Octobre 2009. Angoisse du jour : ma carrière… J’ai toujours dit que je ne serais jamais une carriériste. Que cela ne m’intéressait pas. Et si je m’étais menti?Voilà : depuis que je suis enceinte, je ne cesse de paniquer avec l’idée du « comment je vais faire pour gérer tout ça ? » J’ai toujours rêvé de gagner ma vie de l’écriture et du voyage. Déjà en soi, ce rêve relève pour plusieurs de l’utopie, voire de l’irréalisme. À plusieurs moments de ma vie, j’ai tenté de l’enfouir profondément. On m’a tant martelé la tête que concilier famille et voyages n’était pas possible… Et pourtant, j’avais huit ans et je rêvais déjà d’écrire pour le National Geographic et d’y publier mes photos.
J’ai d’autant plus un tempérament solitaire. Idéal pour être sur la route. Pour la maternité ?
Jongle ma belle, jongle !
Derrière mon angoisse se cache sans doute une autre peur : vais-je être de celles qui vont tranquillement s’accommoder, renoncer à leurs rêves pour se plier aux « exigences » et aux « besoins » de bébé, ou saurais-je conjuguer mon côté aventurier et intrépide aux valeurs que je souhaite transmettre à mon enfant ?
Je sais seulement que je suis heureuse et entière sur la route… Et que je désire ardemment partager cela avec ce petit être à venir.
Alors, enceinte de sept mois, je prends un papier et je décide de rédiger les termes d’un contrat. Un contrat envers moi-même et ma maternité, qui me relie à jamais à ce petit être et où non seulement je m’engage à en prendre soin (ça va assez de soi), mais où je m’engage également à favoriser les expériences de voyage en compagnie de mon ou ma future complice.
Voilà. Ça y est. C’est écrit. Plus question de reculer.
C’était donc en octobre 2009. Aujourd’hui, ma fille a 18 mois, a visité New-York, le Mexique, Toronto, Ottawa, réalisé le tour complet de la Gaspésie avec sa maman en camping et travaillé à mes côtés sur une ferme à la campagne durant un été.
Bon, ce n’est peut-être pas aussi « glamour » ou « aventurier » que j’aurais désiré, mais tout de même, ça bouge ! À ce jour, pour avoir été la grande majorité du temps seule avec ma fille, je considère que je me suis franchement pas mal débrouillée.
Quant à moi, j’ai aussi réalisé quelques voyages en solo, en duo ou encore comme guide. Cuba, Washington, Philadelphie et des week-ends à New York, Toronto, Niagara et Québec. Je viens même de décliner une bourse pour Vancouver. Trop peu de temps pour me préparer et y trouver une gardienne… Pas mal quand même, non?
Qui a dit qu’un bébé venait absolument avec l’option « une vie en moins » ? D’accord, tout se fait bien autrement. Et seule, c’est parfois compliqué. Mais, ça se fait!
Je m’étais promis qu’elle ne viendrait pas me poser de limites. Elle change tout simplement le rythme.
Il est beaucoup plus lent, posé, moins étourdi. Les pauses, plus longues. Défaire un campement, beaucoup plus long aussi. Et puis après ?
« Suis-la », m’avait écrit un ami. Si vrai. Est-ce bien elle qui me suit dans ma quête de vert et de mer ou est-ce maintenant elle qui m’impose sa cadence, me suggère de ralentir pour contempler et voir autrement? Le rythme effréné motivé par le désir de tout voir change. Tranquillement, je ralentis. Et j’apprends à vivre le voyage bien autrement.
Ainsi, ces chroniques seront ponctuées tour à tour d’air salin, de grands espaces verts et citadins. Je vous y relaterai mes premiers voyages réalisés avec bébé et ceux qui sont en préparation pour les prochains mois. Je vous y dévoilerai quelques trucs, mais c’est surtout l’envie d’oser et de partir avec votre bébé que je souhaite vous communiquer !
Prêtes à fouler les routes avec nous ?













