Enceinte, je prévoyais devenir une maman en top forme; au gym régulièrement, quelques fois dans les 5 à 7 avec mes copines et bien sûr, une tendre épouse aimante, amante, amie, sans poils et avec la dernière coupe de cheveux à la mode. Je me promettais de ne pas être de celles qui se plaignent qu'elles sont fatiguées, qui trouvent difficile l'adaptation avec le bébé et qui, lors d'une crise de nerfs, ont pensé mettre leur chum dehors! MOI je serais différente! Mes cornes de bélier me poussent souvent à vouloir être un peu mieux que tout le monde, mais ne vous inquiétez pas, parce que la vie est bien faite et qu'elle se charge rapidement de me faire revenir sur terre.
La première semaine suivant l'accouchement, je me sentais « top shape ». L'accouchement s'était bien déroulé. À peine quelques heures après, j'étais déjà capable de marcher. En plus, l'allaitement fonctionnait à merveille, Alec buvait bien, il dormait, pas de pleurs à l'horizon, bref, la vie était belle! Et puis, tout à coup, des gerçures aux seins, une mastite, d'affreuses douleurs aux mamelons, de la fatigue et les « baby blues » furent aux rendez-vous. Les difficultés par rapport à l'allaitement et les changements hormonaux ont fini par venir à bout de mon moral. Chaque boire était devenu une torture, je n'arrivais pas à vivre ce moment privilégié avec mon fils tel qu'il était prévu. J'étais coupable d'avoir de la difficulté à lui donner ce qui était le meilleur pour lui, coupable de ne pas réussir, coupable de lui faire ressentir mon découragement, coupable de ne plus être top shape, coupable de me demander à quoi j'ai pensé de faire un enfant. Indécise, je persistais à vouloir réussir à allaiter jusqu'à ce que j'en vienne confortable avec l'idée du biberon. Vulnérable, c'est l'état dans lequel je me sentais, je prenais tous les commentaires beaucoup trop à cœur.
Certains me rassuraient : « il est normal qu'il pleure, son estomac n'est pas tout à fait mature et il lui cause des inconforts, ça passera. » D'autres me rendaient complètement dingue : « il est trop gâté, tu devrais le laisser pleurer, c'est bon pour ses poumons . » Entre ce que je lisais dans les livres et l'expérience de mes amies/famille, je cherchais intensément MA vérité! Parfois, j'essayais de trouver une réponse dans les yeux de mon chum mais il m'apparaissait davantage comme le sphinx dans Batman, c'est-à-dire vert et avec un énorme point d'interrogation au-dessus de la tête! Des questions, des questions, des questions, et toujours pas de réponse! J'avais aussi acheté l'idée que parce que j'allais être sa mère, j'allais comprendre tous ses besoins. Et bien non! Ce n'est pas parce que j'étais maternelle que tout devenait naturel. J'étais frustrée de ne pas réussir haut la main. Puis, après plusieurs mois, j'en suis venue à différencier ces différents pleurs. Ah! Il a faim. Ah! Il est fatigué. Oh non, il s'est vraiment fait mal! Pour bien le connaître j'ai eu besoin de temps, d'essais et d'erreurs!
Les 6 premiers mois furent uniquement de l'adaptation et de l'apprentissage. Je n'avais plus beaucoup de temps pour penser à être en top forme, aller au gym et être la tendre épouse. Par contre, les choses se sont placées, j'ai recommencé à dormir comme avant ou presque, mes priorités et mes goûts ont changé, je me suis mise à préférer les longues marches avec poussette, les soupers à la maison avec des amis et les moments planifiés et privilégiés avec mon amoureux. Il m'arrive encore d'être fatiguée, d'avoir de moins bonnes journées ou d'avoir envie de pousser mon chum en bas du lit parce que je trouve que c'est à son tour de se lever, mais ces moments sont devenus rares comparativement à la dose de bonheur que me procure ma famille. Quel bonheur de voir mon fils marcher, manger seul à la table, se faire comprendre ou crier go go go aux Canadiens! Quel bonheur de l'entendre rire aux éclats, de le voir m'imiter ou encore de constater comment il fait une différence dans la vie de ses grands-parents. En fait, mon fils m'aide à apprécier les petits plaisirs de la vie.
Si j'avais su ... que tout allait entrer dans l'ordre, que tout était normal et TEMPORAIRE, que je pouvais m'accorder de la douceur et que je pouvais faire confiance, et bien mon expérience aurait été différente mais pas moins enrichissante. Chaque défi nous fait évoluer et nous met à l'épreuve de s'accepter telle que l'on est avec nos forces et nos faiblesses.
Je vous souhaite d'accepter les choses que vous ne pouvez changer et de vous laisser bercer par la vie.
Rencontres individuelle ou de couple possibles
Au Centre Mère et cie par la source en soi













