Je m'étais promis que le jour où j'aurais des enfants, je leur offrirais le cadeau de mon temps. Comme ma mère l'avait fait pour moi. Mais quand je suis tombée enceinte de mon premier enfant, mon conjoint et moi n'avions pas vraiment les moyens pour que je puisse rester à la maison. Jusqu'au jour où, à quelques semaines de ma date prévue d'accouchement, mon conjoint reçoive la promotion tant espérée. J'allais pouvoir réaliser mon rêve!
Mon premier fils est né en 2002, et le deuxième en 2004. C'est lors de la naissance de ce petit dernier que mes plans de rester à la maison allaient être chamboulés. Voyez-vous, pour cet accouchement, nous avions engagé une accompagnante à la naissance. Je découvrais un métier fascinant, une nouvelle passion!
Deux ans plus tard, je commençais ma formation d'accompagnante à la naissance, au Collège d'Études en Maternité Alternative. 48 heures de formation, étirées sur quelques mois. Ma passion grandissait et grandissait, je lisais tout ce qui concernait la grossesse et l'accouchement, les soins aux bébés, l'allaitement... Tout en étant maman à temps plein de deux petits bonshommes de 2 et 4 ans!
Puis, une fois que j'ai senti que j'avais suffisamment de connaissances, il a bien fallu que je me lance. Mais comment allais-je faire pour concilier vie de famille et mes présences à des accouchements qui pouvaient durer de longues heures, voir même, plusieurs jours?
J'avais besoin de me créer tout un réseau de gardiennage, prêt à prendre mes enfants à la dernière minute. Les garderies subventionnées qui acceptent les enfants à temps partiel ou sur appel étant très rares, voire inexistantes, je devais me tourner vers une garderie privée, et demander aussi l'aide de mon entourage. Je ne pouvais pas compter sur mon conjoint, il avait et a toujours un horaire variant d'une semaine à l'autre et finit souvent ses journées très tard le soir. Une chance que mes beaux-parents, qui vivent à deux minutes de chez moi, peuvent parfois m'aider grâce à leurs horaires flexibles. Il y a aussi mes voisins sur qui je peux compter, même en pleine nuit. Et une merveilleuse dame qui a une garderie en milieu familial, que je peux appeler à la dernière minute, même le samedi. Elle peut même les garder à coucher!
J'ai eu par contre beaucoup de chance depuis que je pratique mon merveilleux métier. Plusieurs de mes clientes ont accouché lors des congés de mon conjoint. Dont une qui a donné naissance un 27 décembre après un travail de 3 jours, alors que tout mon monde était en congé pour les fêtes. Certaines ont même eu des accouchements tellement rapides que j'étais de retour à la maison après seulement 3 ou 4 heures. Cependant, j'ai parfois eu à accompagner lors d'accouchements ayant duré des jours, alors que personne de mon entourage n'était en congé et mon conjoint s'est retrouvé en charge d'organiser le gardiennage, aller cueillir le plus vieux à l'école, préparer les repas et ... les dodos. Tout seul comme un grand!
Mes enfants sont encore bien jeunes, et je n'aime pas être loin d'eux trop longtemps ni trop souvent. Je me limite donc, et ce pour quelques années encore, à un accompagnement par mois. Je n'en prends jamais l'été, et plus jamais pour des dates prévues entre la mi-décembre et la mi-janvier! Je me permets par contre de planifier plusieurs clientes pour des cours prénataux en soirée et parfois les fins de semaine. Je m'assure aussi de conserver deux jours par semaine pour travailler sur mes dossiers alors que mes enfants sont soit chez la gardienne, soit à l'école. Le reste du temps, je me consacre à leur bonheur.
Je réalise, au contact d'autres mamans, que j'ai énormément de chance de pouvoir si bien concilier travail et famille. Je n'y arriverais pas sans mon conjoint, ma famille, mes voisins et notre géniale gardienne! Je leur en serai éternellement reconnaissante!













