Les enfants, petits et grands!

Dodo 101

Je ne sais pas si vous vous en êtes aperçu, mais quelque part au cours des dernières années, coucher son enfant est devenu un art, une science même! Ouvrez les yeux et vous verrez : les Dre Nadia, nounous et psys de la « tivi » passent leur temps à nous expliquer comment coucher nos enfants. On trouve des rayonnages remplis de livres sur les dodos et c'est sans compter les nombreux forums de discussions aux sujets tels que : « Au secours! Mon bébé ne fait pas ses nuits! », « Mes enfants ne sont pas couchables », « Mon bébé dort trop », « Mon bébé ne dort pas assez »... et j'en passe! Pourquoi faire tant d'histoires pour quelque chose d'aussi naturel? On ne consacre pas autant d'énergie à expliquer comment marcher et comment respirer... Alors pourquoi, tout d'un coup, a-t-on tant besoin de se faire parler du sommeil?

Je ne sais pas si je suis la seule comme ça, mais moi, j'ai plutôt tendance à fonctionner à l'instinct. Ce n'est pas une aptitude particulière, c'est surtout dû à une totale incapacité d'être organisée, disciplinée et méthodique. Pourtant, je suis pleine de bonne volonté : j'ai très souvent essayé d'instaurer des règles et des routines strictes et immuables... Mais dans le meilleur des cas, ça durait une semaine! Je sais bien que la routine constitue ce qu'il y a de mieux pour nos enfants, que ça les rassure et tout et tout. Cependant, je suis obligée d'avouer que je ne suis absolument pas douée pour ça! Alors je fais de mon mieux pour que ma maison n'ait pas trop l'air d'une garderie un jour de tempête...

Malgré tout, j'ai trouvé un côté positif à cela : chez nous, ça dort! Mes trois enfants ont fait leurs nuits vers 2-3 mois et ça s'est toujours fait assez facilement. Bien sûr, j'ai connu les aléas courants : les dents, les otites, gastros et autres maladies, les pipis au lit, les terreurs nocturnes et les cauchemars, mais ça passait toujours... Malheureusement, je n'ai pas de grands secrets ou de trucs infaillibles à partager. Seulement le gros bon sens : j'évite le sucre le soir et j'attends qu'ils commencent à montrer des signes de fatigue avant de les coucher. Parfois ils s'endorment sans histoire jusqu'au lendemain et d'autres soirs les filles se relèvent jusqu'à ce que je me fâche « pour de vrai ». Certaines nuits je dois me lever plusieurs fois pour redonner la suce à fiston qui ne trouve plus le chemin de sa main à sa bouche, mais quelquefois, ô miracle, il dort d'un trait jusqu'au lendemain. Je prends ça comme ça vient : je profite des bons jours et je me retiens pour ne pas tordre des cous quand ça va mal!

Peut-être que c'est uniquement de la chance? Lorsqu'elles étaient bébés, mes filles étaient indépendantes et elles ont rapidement voulu dormir tranquilles dans leur lit. Quand elles étaient fatiguées, je ne pouvais pas les garder dans mes bras : elles voulaient dormir en paix! Comme j'enviais les mamans qui pouvaient bercer. À ce moment, je trouvais que c'était elles les chanceuses... Ensuite, quand mon garçon est né, je me suis dit que je ne raterais pas ma dernière chance. Je l'ai donc installé dans un moïse à côté de mon lit et je l'ai bercé avant chaque dodo, puis le temps a passé...

Durant les Fêtes, j'ai constaté que mon fils de six mois et demi, qui dormait toujours dans son moïse, commençait à dangereusement bouger et se relever. Oui, je sais, il était grand temps que je le mette dans sa chambre. Toutes mes « matantes » me l'ont dit : j'étais en train de le gâter-pourri! J'ai donc commencé à le coucher dans son lit pour les siestes, mais il n'aimait pas ça, il pleurait beaucoup et se réveillait vite... J'étais à deux doigts de me ruer sur les ouvrages pratiques et les forums de discussion! Mais j'ai persévéré, j'ai joué avec lui dans son lit, je l'ai habitué à son environnement, j'ai ajouté une doudou, monté la température de la chambre (à 20°C pas plus!), des petits détails comme ça, au pif... Ça m'a pris trois jours, trois petits jours pour qu'il fasse chacun de ses dodos dans son lit, pour qu'il s'endorme sans pleurer (ou presque!) et se réveille en gazouillant. Après coup, je peux dire que je ne regrette pas d'en avoir profité et de l'avoir « pourri » pendant sept mois!

Ainsi, j'ai réussi à surmonter l'épreuve des dodos, à ma façon, sans m'arracher les rares cheveux qu'il me reste! Qui sait, je suis peut-être la preuve qu'il n'y a pas de méthode absolue et qu'on peut prendre le « risque » de se faire confiance sans pour autant gâcher le sommeil de nos enfants à tout jamais... Ce soir, il est 20 h et je viens d'aller jeter un œil dans la chambre des enfants (oui, oui, ils dorment tous ensemble!) Anaïs, mon aînée, est endormie, tout comme mon petit Filou qui tète sa suce par intermittence en ronflant doucement. Par contre, ma petite Zozo lève la tête et me regarde d'un air espiègle en chuchotant : « Je peux pas dormir, j'ai pas eu assez de bisous! » Bon d'accord, tout le monde ne dort pas encore, mais ce n'est pas grave : si tout ce que ça me coûte c'est un bisou et un câlin, je suis prête à payer et j'irai ensuite me reposer jusqu'à demain... Bonne nuit!




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