Les enfants, petits et grands!

L'école à la maison


Chaque année, des élèves troquent les bancs d’école contre les chaises de la cuisine! En effet, de nombreux parents choisissent d’enseigner à leurs enfants. Vous y songez? Voici ce que vous devriez savoir avant de vous lancer dans cette aventure.

Pour offrir une instruction personnalisée, ou encore pour resserrer les liens familiaux, certains parents choisissent d’enseigner eux-mêmes à leur progéniture. L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) évalue à plus de 2 000 le nombre de ces élèves atypiques. Vous aimeriez que votre enfant fasse partie du lot, mais vous vous interrogez sur l’aspect légal d’une telle entreprise? Selon la Loi sur l’instruction publique, la fréquentation scolaire est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. Mais est dispensé de cette obligation un enfant qui «reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d’après une évaluation faite par la commission scolaire, sont équivalents à ce qui est donné ou vécu à l’école». C’est donc à chaque commission scolaire de veiller à l’application de la loi et de décider, avec votre consentement, de la meilleure façon d’évaluer les progrès scolaires de votre enfant. Elle pourra, par exemple, opter pour une évaluation annuelle faite par un orthopédagogue ou une simple rencontre informelle tous les deux ans, etc. 

Par où commencer?

Avant que vous assumiez un rôle d’enseignant, une bonne planification s’impose: dressez l’inventaire des matières à enseigner; de quelle façon vous y prendrez-vous? établirez-vous un horaire précis? quelles sorties et activités éducatives prévoyez-vous faire? etc. Plusieurs parents s’inspirent du programme du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (donné sur le site Internet du ministère: www.meq.gouv.qc.ca) pour planifier l’année de leur jeune élève. 

Vous aurez également besoin de matériel scolaire, aussi devrez-vous prévoir un budget en conséquence. Les coûts varieront selon les manuels que vous choisirez, mais calculez au moins 250 $ par année. Pour avoir un aperçu du matériel et pour savoir où vous le procurer, l’AQED ainsi que l’Association chrétienne de parents-éducateurs du Québec (ACPEQ) constituent de bonnes sources d’information. Si vous vous posez des questions d’ordre juridique ou avez simplement besoin de conseils concernant votre démarche, vous pouvez également vous adresser à ces organismes. 

Et les copains?

Vous craignez que votre enfant souffre de ne pas fréquenter ses pairs? Rassurez-vous. Il peut avoir mille occasions de sociabiliser. Des exemples? Vous pouvez l’inscrire à un sport d’équipe, organiser une expo-sciences avec d’autres «élèves maison», etc. Sachez également que l’AQED et l’ACPEQ organisent régulièrement des sorties pédagogiques pour les enfants des parents membres. Par ailleurs, il existe une multitude d’autres ressources: tutorat, cours par correspondance, DVD éducatifs, etc. N’hésitez pas à vous en servir! Car même si vous avez choisi d’enseigner vous-même à votre enfant, cela ne signifie pas que vous devez toujours faire cavalier seul. Après tout, vous ne pouvez maîtriser toutes les matières ni répondre à toutes les questions de votre enfant!

Avertissez les autorités scolaires de votre projet

Ça y est? Vous avez une bonne idée du plan que vous voulez mettre en œuvre? Que votre enfant soit au primaire ou au secondaire, commencez par signaler au professeur et au directeur que vous prévoyez le retirer de l’école et lui faire la classe à la maison. Envoyez également une lettre à la commission scolaire dans laquelle vous exprimez votre intention. Vous pouvez aussi y faire une brève description du genre d’instruction que vous donnerez à votre enfant. Important! Même si rien ne précise dans la loi que vous devez signaler à l’école et à la commission scolaire votre intention de garder votre enfant à la maison, il est fortement recommandé de le faire. D’abord, parce que vous obtiendrez peut-être leur soutien (accès à la bibliothèque de l’école, prêt de matériel pédagogique, etc.), mais également parce que vous éviterez ainsi de semer le doute chez ces instances quant à la sécurité de votre enfant. En effet, selon la Loi sur la protection de la jeunesse, «la sécurité ou le développement d’un enfant peut être considéré comme compromis […] s’il est d’âge scolaire et ne fréquente pas l’école ou s’en absente sans raison». Bref, en l’absence d’un tel signalement à l’école et à la commission scolaire, vous pourriez recevoir un appel du directeur de l’école, ou encore du Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ), qui exigeront des explications.

Des résultats concluants?

Selon certaines études, les élèves instruits à la maison auraient des résultats scolaires supérieurs à la moyenne. Cependant, ne vous méprenez pas: cet enseignement exigera de vous beaucoup de temps et d’énergie! Bien sûr, vous pouvez décider à tout moment de réinscrire l’enfant à l’école, idéalement en début d’année scolaire. Il aura sans doute à passer quelques examens (on voudra s’assurer qu’il a le bagage nécessaire pour suivre les cours), mais on ne pourra refuser de l’admettre. Si vous choisissez de voir à son instruction jusqu’à ce qu’il ait l’âge de fréquenter le cégep, songez à lui faire passer les examens de 4e et 5e secondaire, préparés par le ministère de l’Éducation. Ils sont nécessaires pour obtenir un diplôme officiel d’études secondaires (renseignez-vous auprès de la commission scolaire ou du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport). À noter: ces examens sont gratuits. Un tel diplôme facilitera l’admission de votre enfant dans une institution collégiale. Mais il y a également d’autres façons de procéder. Vous pouvez, par exemple, monter un portfolio composé de ce que votre enfant a fait: exercices, travaux de recherche, compositions, sorties éducatives, liste de livres lus, etc.

 

 




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