Les enfants, petits et grands!

Nos enfants : des minis adultes?

En fouillant un peu, j’ai découvert qu’on donnait un nom aux enfants qui vieillissent trop vite : l’adonaissance. Ce phénomène est, semble-t-il, mondial. La tranche des 8-12 ans s’est complètement transformée avec l’arrivée du nouveau millénaire. Adieu alors à l’envie de collaborer avec les adultes, aux heures passées à jouer à quatre pattes et bonjour à l’insolence et à l’influence des amis. L’enfance devient alors une période axée sur la copie plutôt que sur la rêverie et l’imaginaire. Les enfants veulent tout faire comme les plus âgés! Jusqu’aux goûts musicaux et télévisuels qui changent pour ressembler davantage aux adolescents et aux jeunes adultes.

Alors que les adolescents confrontent l’autorité des adultes, les adonaissants provoquent constamment. Puisqu’ils croient appartenir au monde des « grands », ils dénigrent évidemment les plus « enfants ». Je ne compte plus les fois où ma fille a dit : « C’est bébé ça! » ou « T’es trop petit, toi, pour faire ça! » Elle s’adressait alors à sa sœur et à son frère, plus jeunes.

Si vous êtes comme moi, vous vous demandez sans doute comment nous en sommes arrivés là? D’après certaines études, les origines sociales ne sont pas à négliger. Nous le savons tous, la société d’aujourd’hui ne favorise pas la lenteur. Les enfants, comme tout le monde, doivent faire vite, donc grandir vite. La débrouillardise et l’autonomie sont valorisées. Ainsi, la capacité d’être leader, d’avoir un fort caractère amène l’enfant à désobéir pour aller « plus loin ». Il devient un spécialiste de la contradiction car il veut bien souvent avoir le dernier mot. Tiens, ça me rappelle une certaine petite fille de sept ans et demi…

On dit également que le fait que les enfants soient exposés par les médias à du matériel qui aurait été considéré comme non destiné aux enfants dans un passé pas si lointain, n’est pas étranger à ce phénomène. Quand je me remémore mon enfance, mes références télévisuelles sont Candy, le petit Castor et compagnie, émissions dans lesquelles les dialogues étaient loin d’être aussi « poussés » que dans les émissions que les petits regardent aujourd’hui.

Nous vivons dans un monde où tout est organisé et planifié à la minute près. C’est sûrement une des raisons qui amène les enfants à développer très vite le réflexe d’organiser leur propre horaire question d’avoir une vie sociale trépidante. Pas étonnant que cette phrase revienne régulièrement dans leur bouche : « Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui? ». Un petit moment de répit et on entend alors l’inévitable : « Je n’ai rien à faire! », ou la phrase fatidique : « Je m’ennuie… ».

Évidemment, nous jouons sans doute aussi un rôle en tant que parents. Parfois, nous avons tendance, même inconsciemment, à favoriser ce phénomène. Pensons seulement aux premiers mois de notre bébé. On le stimule par toutes sortes de jeux et de lectures. Cela a certainement un impact sur sa croissance accélérée. Évidemment, si vous êtes comme moi, vous souhaitez ce qu’il y a de mieux pour vos enfants et vous avez peur de vous tromper parfois ou de ne pas en faire assez. Nous nous sentons constamment coupables de l’influence de nos gestes et comportements et nous nous disons : « Si je lui dis ceci, je vais le traumatiser! », « Si je le laisse seul quelques minutes, il va s’ennuyer! », etc.

Nous voulons tellement être certains qu’ils seront heureux… Qui pourrait nous blâmer?

Malgré tout, rappelons-nous que cette période n’est pas mauvaise en soi car elle amène l’enfant à chercher ses propres limites, ses repères. En tant que parent, nous devons lui faire comprendre qu’il n’a que sept, huit ou neuf ans et que pour le moment, il doit suivre le « mouvement » à la maison et faire ce que nous lui demandons. Dans le fond, nous savons tous à quel point ils sont des êtres formidables et qu’ils ont besoin de notre amour inconditionnel, même dans les moments plus difficiles… 




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