Les chicanes entre frères et sœurs font partie du quotidien de toutes les familles. L’harmonie totale est peut-être souhaitable, mais impossible! Les relations entre les frères et sœurs sont composées d’attachement émotif et de rivalité, l’un ne va pas sans l’autre. Les situations de complicité sont en effet plus nombreuses que les conflits, mais passent généralement sous silence puisqu’elles sont moins éclatantes !
Les principales causes
Les enfants ont plusieurs raisons de se chamailler ; attirer ou récupérer l’attention parentale, se rassurer ou confirmer leur perception « C’est moi qu’on préfère », régler des problèmes de propriété de jeux ou de territoire, s’affirmer ou voire même s’occuper… Ce qu’il faut retenir, c’est que nos interventions peuvent contribuer, comme parent, à maintenir certains de ces comportements, et souvent à notre insu. La première étape est donc d’en prendre conscience pour ensuite ajuster nos interventions.
Les techniques
Pour vous aider à gérer les « chicanes de cabane », voici certaines techniques d’intervention de résolution de conflits à utiliser dès la prochaine dispute…
1. Reconnaître chacun de vos enfants dans leurs forces et défis qui leur sont propres et dans leurs particularités. Il est faux de croire que l’équité entre chacun des enfants réduira les comparaisons, cela aura plutôt l’effet contraire.
2. Lors de conflits, il faut laisser exprimer le point de vue de chacun et reformuler les faits le plus objectivement possible. Il est aussi important de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre, mais bien de les amener à trouver une solution commune. De plus, il est important de leur signifier votre confiance en leur capacité à résoudre la situation par des gestes concrets comme de quitter la pièce et revenir après quelques minutes.
3. Validez les émotions, mettre des mots sur la situation sans émotivité et les recentrer sur la situation à résoudre (ex. : « je comprends que tu sois très fâché… Ce n’est pas agréable de se faire pousser)
4. Les phrases du type : « C’est pas grave, tu t’en souviendras plus le jour de tes noces ! » peuvent minimiser la situation et sont à éviter. De la même façon que les « gros mots » et les « phrases extrêmes » utilisés par vos enfants sont pour exprimer leur colère. Même si ce n’est pas facile, essayez de ne pas accorder trop d’importance au choix des mots utilisés! Vous pouvez signifier votre désaccord. Toutefois l’attention doit plutôt être portée sur la résolution du conflit et à définir la part de chacun pour contribuer à la solution.
5. Si la situation dégénère, coups, crise de larmes, il sera alors important de séparer les enfants, de prendre une pause et de faire un court retour par la suite, lorsque l’orage sera passé. Lors du retour, on pourra revenir sur le comportement et les attitudes souhaitées si la situation se présente à nouveau. Cela leur donnera un moyen supplémentaire de régler par eux-mêmes le conflit en lien avec nos attentes.
Par la suite, le tout n’est qu’une question de pratique ! C’est de passer à l’action la première fois qui est difficile ! Tentez de voir chaque « chicane » comme une occasion de pratiquer vos techniques. Pensez à récompenser l’harmonie, pas les chicanes !
Annick Bayard et Andréanne Bérubé, psychoéducatrices














