Au Québec, en 2008, 80 % des couples ayant un enfant âgé de moins de trois ans avaient deux revenus et travaillaient à temps complet. Pour beaucoup de mères, retourner au travail et laisser son enfant à la garderie est un grand déchirement. Il est parfaitement normal de ressentir ce vague à l’âme, c’est comme si on coupait le cordon une deuxième fois!
Bien que de plus en plus de femmes choisissent de demeurer auprès de leurs enfants, en cessant de travailler ou en le faisant à partir de la maison, la majorité n’a d’autres choix que de retourner au boulot. Vient alors le terrible sentiment de culpabilité : coupable « d’abandonner » bébé aux bras d’inconnus, coupable de ne pouvoir lui accorder plus de temps de qualité, coupable de diminuer ou de cesser l’allaitement ou même, chez certaines, coupable d’avoir envie de retourner travailler et de retrouver un épanouissement professionnel. Comment venir à bout de ce sentiment, si commun aux mamans?
Selon Guylaine Deschênes, psychologue organisationnelle et consultante en ressources humaines, « On peut diminuer ce sentiment en modifiant sa façon de voir les choses. Tout d’abord, il y a des avantages à travailler : on élargit notre réseau social, on se valorise. Pour les enfants, les avantages de la garderie sont multiples : socialisation, stimulation avec des jeux et jouets différents, contact avec des éducatrices dévouées et formées pour être notre prolongement, etc. »
Oubliez la mère parfaite
Elle déplore également le fait que trop de mères se laissent envahir par la culpabilité, ce qui, en bout de ligne, ne sert à rien d’autre qu’à gruger leur si précieuse énergie. « En somme, il est important d’oublier le culte de la mère parfaite ultra-performante. La mère parfaite, c’est plutôt celle qui fait de son mieux, qui ne se compare pas aux autres, et qui apprend à profiter du moment présent avec ses enfants… », conclut-elle.
Nathalie Pitre, le sait bien! Elle-même mère de cinq enfants, elle considère que, pour être une bonne maman, il faut d’abord prendre soin de la femme en soi. Ainsi, ses trois plus jeunes fréquentent la garderie afin de lui permettre de travailler, ce qui ne l’empêche pas d’allaiter la petite dernière matins, soirs et nuits! « La clé c’est de parvenir à trouver l’équilibre et d’être à l’écoute de tout ce beau monde… en ne s’oubliant pas à travers ça! L’amour se multiplie, mais le temps, lui, doit sans cesse être divisé, alors il faut faire avec! »
Article rédigé pour le cahier Maman poule du Journal de Montréal












