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Avis de recherche

Parfois, je me sens seul…

Suis-je le seul à ne rien comprendre à toute l’architecture de la fameuse « couette »? Qu’elle soit Française, de cheval, Indienne ou double, je n’y pige rien. Pourtant, j’ai assisté à de nombreuses démonstrations, eu le droit à quelques croquis, ai consulté Wikipédia, mes livres de chimie du secondaire, mon livre de nœuds scout, mais rien à faire. Mon code génétique me détermine à casser l’élastique, à entremêler la matière première et c’est alors que commence le concert de « aie » bien senti suivi d’une trêve, d’un pacte de non-agression et de l’abandon.

Suis-je le seul à toujours oublier au moins un élément essentiel du paquetage « SVP-je-voudrais-survivre-le-trajet-routier-Montréal-Bromont-sans-pleur-ni-grincement-de-dents »? Ce n’est pas sorcier : « Quand je vais au marché, je mets dans mon petit panier : une suce, des couches et des serviettes humides ». Force est d’avouer que lorsque mon beau petit Arnaud me reproche ma distraction d’un cri strident et continue de la sortie 10 à la sortie 68, les sommets automnaux et multicolores des Appalaches semblent tout à coup moins bucoliques. Je me suis donc concocté une trousse de survie digne de Jack Bauer (bien que je m’imagine mal Jack maitriser ses adversaires à grand coup de serviettes humides… mais bon, préservons ma virilité). Je l’ai savamment dissimulé derrière un plexiglas étanche qui ne peut être cassé qu’en cas d’extrême urgence. À ce jour, son contenu est resté inviolé. Comme dit mon père : « Le métier rentre ».

Suis-je le seul à écouter le disque de Toupie et Binou de Noël trois cent soixante-cinq jours par année? Excellent disque! Mais à trente degrés à l’ombre en plein mois de juillet, rue Sainte-Catherine, fenêtres baissées et cheveux dans le vent, les passants se demande bien pourquoi une souris à la voix aigüe leur chante la bonne année. Moi qui travaille dans l’industrie du disque, j’ai souvent tenté de diversifier le répertoire musical de ma progéniture, mais rien à faire. Pour certains d’entre nous ce fut Gun’s and Roses et les Beatles, pour d’autres Beau Dommage ou les Beach Boys… pour Marianne, son groupe fétiche, c’est Toupie et Binou de Noël. Cette frénésie du Gingle Bells à même contagié mon iPod, que j’utilise au gymnase. Vous devriez voir la tronche des messieurs muscles, qui se demandent qui peut bien lever des poids en se motivant au Toupie et Binou!

Mais par-dessus tout, je me sens parfaitement seul quand toute la famille se fait aller le popotin dans le salon en écoutant Shilvi, parfaitement seul quand ma fille descend pour la première fois le Mont St-Bruno en ski et parfaitement seul quand mon fils passe en deuxième vitesse parce qu’il a tellement hâte de me voir au retour du travail.

Je me sens alors parfaitement seul.

Parfaitement seul à être aussi privilégié.

Parfois, c’est bon de se sentir seul.

Fruits et Passion

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