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Du soleil à l'horizon

Pour ma deuxième chronique, j'aimerais vous parler de mon aventure pré-échographie. Je croyais que le processus d'avoir un enfant (quand je parle de processus, je veux dire la grossesse en tant que telle) était pour être assez relax. Une simple balade dans un parc comme dirait l'autre. Au départ, nous les hommes, étant privés de tout symptôme relié à la grossesse, me faisait croire à une belle aventure d'une tranquillité disons tibétaine.

Ma blonde est légèrement hypocondriaque. Je m'efforce de lui dire qu'à penser trop souvent aux maladies ou aux choses négatives, nous finissons par les attirer...et elle me traite de fou! Ainsi, seulement deux semaines après avoir appris que ma blonde était enceinte, elle s'est réveillée un matin avec des pertes de sang. Nous avons donc pris la décision de nous rendre à l'urgence pour en avoir le cœur net. Après tout, c'est notre premier bébé et nous faisions face à l'inconnu. Quelques examens plus tard, le docteur suggéra à ma douce une semaine de repos forcé. Je dis ici « forcé », car elle est toujours sur une patte, pas capable de se détendre, une vraie girouette.

Moi qui prône le calme et la tranquillité, voici que ma blonde m'a mis un doute à l'esprit. Au cours des semaines qui ont suivi cette mésaventure, ma tendre moitié croyait que le bébé pouvait être mort dans son ventre. Elle avait entendu des histoires ici et là. Je lui disais que tout était sous contrôle, de ne pas s'en faire avec tout ce qu'on avait pu lui raconter, que notre petit bébé allait bien. Derrière mon petit visage qui se voulait rassurant pour ma blonde, se cachait une anxiété, qui ma foi, me surprenait énormément. Ainsi, le matin où l'on a dû se présenter chez son docteur pour le premier examen lors duquel il était possible d'écouter pour la première fois le cœur de notre petit bébé battre, le mien battait à tout rompre. Premièrement, ma blonde avait peur et elle était très nerveuse. Le docteur mit du gel sur son ventre et avec sa machine, chercha à capter un son. Il s'écoula au moins dix secondes d'enfer, je voyais le visage de ma blonde inquiète au maximum et moi, je crois que j'ai arrêté de respirer ces quelques secondes. Enfin, le son sorti du micro « BOUM, BOUM, BOUM » à une vitesse folle. Le soulagement que j'ai vu dans les yeux de la future maman ne se décrivait pas. On dirait qu'à ce moment précis, je suis devenu pleinement conscient qu'il y avait un petit être vivant dans son ventre. Ce fut une journée incroyable pour nous deux, mais nous sommes encore loin des grandes émotions.

Nous sommes assis dans la salle d'attente, prêts pour l'échographie officielle. Les semaines ont passé tellement vite depuis notre premier rendez-vous chez son docteur. Ma blonde a eu quelques petites rechutes d'hypocondrie. Surtout lorsqu'elle m'a dit qu'à partir de la seizième semaine, il était possible de sentir le bébé dans son ventre. Elle était rendue à vingt semaines et toujours aucun signe de vie du poupon. « Ce n'est pas normal, il y a quelque chose », me disait-elle sans arrêt. Je tente désespérément de la rassurer en lui disant que c'est du cas par cas, chaque femme étant différente... je regarde ses yeux, ok, je me la ferme. Surtout que sa sœur avait senti son bébé bien avant la vingtième semaine. Je n'étais pas de taille devant cet argument béton. Je m'en retourne donc m'asseoir devant la télé avec mes petites « paroles rassurantes ».

Toujours est-il que nous sommes dans cette salle d'attente de l'hôpital à attendre notre tour. Devant nous, un type escorté qui vient de l'institut Pinel attend lui aussi son tour. Je le regarde en silence et me dis que je pourrais bien prendre sa place, tellement l'attente me rend fou. Voici notre tour, je regarde ma blonde, le sourire aux lèvres et les yeux pétillants, nous entrons dans la pièce. Le docteur regarde son moniteur, tout est bien dit-il. Le placenta est placé à l'avant du ventre, voilà la raison pour laquelle ma blonde ne ressent pas encore le bébé. Nous avons tous les deux les yeux grands ouverts, aussi grands que des cratères de lune, nous regardons l'écran. Pour faire une parenthèse, j'ai toujours cru avoir une petite fille. Mais durant cette grossesse, mes intuitions allaient de plus en plus vers un petit garçon, et même que j'en étais sûr. Pour ma blonde, aucun doute là-dessus, c'est une fille à cent milles à l'heure. Peu importe pour nous deux, pourvu que le poupon soit en santé. C'est le plus important à mes yeux. Lorsque le docteur termine son examen, il va pour éteindre son moniteur quand ma blonde lui dit :

- Et puis? Nous aimerions connaître le sexe.
- C'est un garçon ça!

Ma blonde, la bouche grande ouverte d'étonnement, et moi le sourire fendu jusqu'aux oreilles, les yeux dans l'eau, poussant mon orgueil de mâle dans ses derniers retranchements pour ne pas pleurer comme une madeleine. Dans nos familles respectives, seulement ma mère et moi avions prédit un garçon. 
Il est maintenant là, accroché, en santé et bientôt prêt à nous montrer sa petite frimousse. La vie est souvent parsemée d'embûches, d'échecs et d'injustices, mais lorsqu'arrive un moment magique comme celui-là, on se dit que la vie est belle, rayonnante et surtout, qu'elle vaut la peine d'être vécue.

Fruits et Passion

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