Lorsqu'il est question de bébé, on dirait que la femme est toujours la première concernée. Peut-être à cause du fameux instinct maternel… Cependant, l'homme tend à prendre de plus en plus sa place dans cette étape importante d'une vie.
C'est d'ailleurs le cas de Steven. Si vous le croisez dans la rue, vous imaginerez tout de suite l'archétype du mâle : viril, macho et tatoué. Jamais il ne vous viendrait à l’esprit que derrière cette image de mauvais garçon se cache un homme rose.
Il y a quelques mois, si vous aviez demandé à ce nouveau papa s'il était prêt à prendre le congé de paternité à la maison, sa réponse aurait été catégorique et sans équivoque : jamais dans cent ans! « J'avais la même vision que la plupart des gens. Pour moi c'était comme voler quelque chose à ma blonde, ça lui revenait de droit de prendre ce moment avec notre fils ». Mais comme le dit le proverbe, il ne faut jamais dire jamais. C'est ainsi que Steven à changé son fusil d'épaule et qu'il a accepté, en accord avec sa conjointe Annie, de prendre ce temps d'arrêt pour s'occuper de Mathéo. « Lorsque Annie m'a annoncé qu'elle était enceinte, mes priorités ont changé. J'ai pensé à ma famille avant de penser à moi et à ma carrière. Le bien des miens est devenu essentiel à mes yeux ».
Comme habituellement c'est la maman qui reste à la maison pour vivre des moments intenses avec son poupon, pourquoi Annie et son conjoint ont-ils convenu que ce serait plutôt à papa de le faire? L’emploi d’Annie a joué pour beaucoup dans la décision. Ayant démarré sa boutique de tissus seulement quelques années plus tôt, Annie ne pouvait se permettre de s’absenter, ne serait-ce que quelques moi. Comme elle était la seule employée (outre ses parents qui lui donnent un coup de main), elle devait retourner au boulot rapidement.
Pour sa part, Steven est contremaître dans une entreprise d'ébénisterie depuis plusieurs années. Il a été stupéfait de la réaction de ses collègues et de ses patrons lorsqu'il leur a annoncé la nouvelle. « L'étonnement pouvait se lire sur leurs visages mais c'était plutôt parce qu'ils admiraient notre choix. Ils ont tous été très ouverts. Je n'ai pas été la source de moqueries. D'ailleurs, il aurait fallu que les gens qui me ridiculisent aient des arguments béton pour que je me sente dénigré.»
Son nouveau rôle n'a cependant pas été de tout repos, comme il le croyait avant de faire face aux réelles responsabilités. « Je me demande vraiment pourquoi on appelle ça un congé parce que c'est loin d'en être un! Je dois vivre au rythme de mon fils et lorsqu'il dort, j'en profite pour faire les tâches ménagères ou préparer les repas. Pour dire vrai, je n'ai pas une minute à moi. J'en ai pas mal plus sur les bras à la maison qu'à mon travail. » Il avoue d'ailleurs que ses journées sont plus éreintantes actuellement qu'à son boulot... celui pour lequel il est rémunéré!
Outre la fatigue et les courbatures, Steven retire de grands bienfaits de cette expérience. « Le lien qui s'est créé entre mon fils et moi est unique. Il est certain qu'Annie et Mathéo vivent quelque chose de très fort, mais ce que j'ai développé avec lui est magique. Je suis certain que les autres pères ne vivront jamais quelque chose d'aussi intense. »
Aurait-il un conseil pour les futurs pères? « On ne peut pas se jouer de scénario, on ne peut jamais être préparé au chamboulement que ce petit être apporte dans notre vie. J'ai vécu des moments de découragement et d'ennui, mais j'ai pris conscience du sacrifice que ça représente. Tout ce qu'une femme peut faire dans une maison, c'est fou! Maintenant je vais mieux comprendre Annie lorsque nous aurons un deuxième enfant. » Parce que le projet d'agrandir la famille est bien présent. Mais même si Steven ne regrette en rien son expérience, il ne prendrait pas à nouveau le congé de paternité.
En attendant son retour au travail (qu'il considère maintenant comme facile!) Steven coule des jours heureux auprès de Mathéo et de la cuisinière qui lui sert à réaliser un fabuleux pain aux bananes… Vraiment, un papa nouveau genre.












