Avez-vous déjà entendu parler de la cholestase gravidique ou cholestase de grossesse? De mon côté, je ne connaissais pas cette maladie jusqu'à ce que j'en soit atteinte lors de ma troisième grossesse. En fait, cette maladie touche les femmes lors du troisième trimestre de la grossesse (à partir de la 30e semaine habituellement). Si on regarde les statistiques, ce mal se produit chez seulement 0,1 à 3 % des grossesses. C'est pour cette raison que la cholestase est encore méconnue. Il s'agit d'une maladie qui touche le foie de la mère. Les symptômes : des démangeaisons sur tout le corps. Ces sensations de grattement augmentent la nuit, ce qui a pour effet d'empêcher la femme enceinte de dormir. C'est la présence d'acides biliaires dans le sang qui, en s'accumulant sous la peau, provoque ces démangeaisons. D'autres signes peuvent aussi être présents : des selles décolorées à cause du mauvais fonctionnement du foie et des urines foncées à cause de la concentration de bilirubine dans le sang.
Malheureusement, il y a des conséquences pour la mère et le fœtus. Outre la fatigue engendrée par les grattements qui nuisent au sommeil, la mère risque de développer une jaunisse si le taux de bilirubine devient trop élevé. Elle est aussi exposée au risque d'hémorragies lors de l'accouchement. Pour le fœtus, le premier risque est la prématurité. Le deuxième est la mort in utéro. Heureusement, ces décès sont relativement rares. Toutefois, la maladie doit être prise au sérieux par le personnel médical. Les décès arrivent après la 37e semaine de grossesse quelle que soit la perturbation du bilan hépatique. Il faut donc déclencher le travail avant la 38e semaine pour toutes les femmes enceintes atteintes de la cholestase gravidique.
On peut traiter la maladie, c'est-à-dire faire chuter le taux d'acides biliaires en prenant un médicament comme le Delursan ou l'Ursolvan. Fait à noter, le jus de pamplemousse, environ 600 ml par jour, fonctionne assez bien. Il permet au foie d'éliminer les toxines.
Petit conseil d'amie : si vous vous grattez tous les soirs, voire toute la nuit et que vous êtes dans le troisième trimestre de votre grossesse, demandez à votre médecin une prise de sang pour établir votre bilan hépatique.
Dans mon cas, ce bilan n'a pas été fait lorsque j'ai parlé de mon état à mon médecin. La veille de mon accouchement, les démangeaisons étaient presque intolérables. En me renseignant sur Internet, j'ai compris que j'avais sans doute la cholestase. Comme j'avais rendez-vous chez le médecin le lendemain matin, j'avais l'intention de lui demander de me faire passer un bilan sanguin très rapidement. Cette nuit-là, mes contractions ont débuté. Je n'ai donc pas revu mon médecin. À mon arrivée à l'hôpital, je leur ai fait part de mon état et de mes soupçons concernant cette maladie. Après des prises de sang, on m'annonce que mon bilan hépatique est affreux et qu'il s'agit effectivement d'une cholestase. Le médecin me dit que je dois accoucher dans les prochaines heures. La bonne nouvelle, c'est que le travail était commencé. Ma petite puce avait compris qu'elle devait faire son arrivée dans le monde avant la 38e semaine de grossesse puisque j'étais alors dans ma 37e semaine. Quand ma petite Mérédith est née, je n'ai pas pu la prendre plus de deux minutes dans mes bras, car elle avait de petits problèmes respiratoires. On a dû la transférer à l'unité néo-natale. En fait, elle avait un pneumothorax (qui s'est résorbé après deux jours, heureusement). De mon côté, j'ai dû passer les 24 heures suivantes aux soins intensifs à cause de la cholestase qui a provoqué la prééclampsie c'est-à-dire qu'elle a fait augmenter ma pression durant l'accouchement.
Habituellement, la cholestase se guérit un mois après l'accouchement. De mon côté, cela a été beaucoup plus long car mes enzymes hépatiques étaient 20 fois plus élevées que la normale. Fait à noter, le risque de récidive est de 60 à 70 % lors de grossesses ultérieures. Toutefois, lorsque la femme enceinte est surveillée, elle peut mener sa grossesse jusqu'à la 38e semaine, ou jusqu'à la 36e semaine si le médecin le juge nécessaire, avant qu'on provoque l'accouchement.
Voilà! J'espère que mon vécu saura éclairer certaines d'entre vous.
Sources :
Le prurit gravidique et les dermatoses spécifiques de la grossesse
http://www.md.ucl.ac.be/loumed/V123,%202004/!09-RICHEZ.pdf
La cholestase gravidique
http://www.syngof.fr/site/pages/?page=401
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