La confirmation d'une grossesse devrait toujours être un événement heureux, voire euphorique, totalement dénué d'anxiété. Bien sûr, chacune d'entre nous connaîtra son lot d'angoisses et se demandera si elle saura être à la hauteur. Mais en général, on se pose peu de questions sur notre capacité à répondre aux besoins primaires de l'enfant qui s'annonce et aux nôtres durant la grossesse. À tout le moins, si on se questionne, c'est probablement pour se demander si nos fruits et légumes seront désormais bio ou pour trouver le moyen d'intégrer plus d'oméga 3 à notre menu. Or, vous est-il déjà arrivé de vous demander à quel point votre grossesse aurait été différente si les circonstances avaient faites que vous vous seriez retrouvée pratiquement sans revenu ou avec un revenu si faible que le seul exercice de faire l'épicerie relèverait de l'éternel casse-tête ? C'est malheureusement le cas d'un grand nombre de futures mamans autour de nous, puisqu'on évalue qu'au moins une femme sur cinq au Québec accouche alors que sa situation économique est précaire. Ici, « situation précaire » ne signifie pas renoncer à une échographie en 3D, à la chambre décorée selon les dernières tendances ou une séance de photographie familiale dans un studio renommé. Quand on parle des familles vivant sous le seuil de faible revenu, on parle des familles qui consacrent 20% de plus que la moyenne générale à la nourriture, au logement et à l'habillement. En d'autres mots, ceux et celles pour qui la marge de manœuvre est quasi inexistante. Or, cette pauvreté a des effets sur l'enfant à naître. En effet, la malnutrition, trop souvent observée dans de telles situations, augmente les risques que l'enfant souffre d'insuffisance pondérale à la naissance, le terme pour désigner les « bébés de petit poids », ce qui a des effets directs sur sa santé et son développement. Heureusement, il est possible par de gestes simples, mais efficaces, de combattre ce triste pronostic et donner à tous les bébés, une chance égale de naître en santé. Voilà précisément la mission que poursuit depuis presque 20 ans la Fondation OLO. O L O pour œuf lait orange. Vous en avez peut-être entendu parler... L'intervention OLO consiste à offrir quotidiennement, à partir de la 12e semaine de la grossesse, un œuf, un litre de lait, un verre de jus d'orange et un supplément de vitamines et minéraux aux femmes enceintes économiquement et socialement défavorisées. Le programme est déployé à la grandeur du Québec à travers le réseau des CSSS (autrefois dénommés CLSC). La méthode OLO a fait ses preuves et demeure toujours aussi pertinente en 2010 qu'au moment où elle a été développée dans les années ‘40 à Montréal. On peut d'ailleurs en apprendre davantage sur le programme OLO, son histoire et ses fondements sur le site www.fondationolo.ca Les milliers de futures mamans qui bénéficient chaque année du programme OLO ont chacune leur histoire. Elles sont nées ici ou ailleurs, résident à Val D'or, Laval, ou près de chez vous, sont adolescentes ou ont dépassé la vingtaine, sont scolarisées ou n'ont pu compléter un premier diplôme. Elles vivent souvent seules une situation difficile de façon temporaire ou depuis trop longtemps, sont parfois aux prises avec d'autres problématiques qu'uniquement la pauvreté. Une chose est néanmoins partagée avec toutes les futures mamans du monde : l'ardent désir de mettre au monde un enfant en santé et lui donner le plus de chances possibles à son départ dans la vie. Vous faites partie des futures mamans dont la situation financière est problématique ? Communiquez avec votre CLSC pour connaître votre éligibilité au programme OLO.
Vous connaissez une amie qui vit une telle situation ? Partagez avec elle cette information. Vous avez la chance de ne pas connaître personnellement de telles préoccupations économiques, mais vous souhaitez être solidaire des mamans moins fortunées et aidez leurs bébés à naître en santé ? Posez un geste concret et faite un don à la Fondation OLO. www.fondationolo.ca
Grâce à l'addition de milliers de petits et grands gestes de générosité, plus d'une centaine de milliers de bébés et autant de mamans ont pu bénéficier depuis 1991, année de la création de la Fondation OLO, d'une aide essentielle à un moment on ne peut plus déterminant pour leur avenir.
Élise Boyer
Maman de Éloi et Arnaud et directrice générale de la Fondation OLO |