Invalidité et maladies graves

L'argent ne fait pas le bonheur

C’est vrai, l’argent ne fait pas le bonheur. Mais, croyez-en mon expérience, il est beaucoup plus difficile d’être heureux lorsque nous avons de gros problèmes d’argent.

Si, du jour au lendemain, je fais une chute sur le trottoir et je me casse le bassin, serais-je en mesure de me rétablir en paix si je n’ai aucun revenu d’appoint? Je suis de celles qui croient que toute personne qui gagne un revenu devrait avoir une protection en cas de perte de ce dernier. Lorsque l’on perd notre emploi, nous avons accès à l’assurance-emploi. Et lorsque l’on se blesse, nous avons accès à l’assurance invalidité – mais seulement si nous y avons souscrit!

Oui, c’est possible d’avoir accès à l’assurance-maladie par le biais de l’assurance-emploi du Canada. En cas d’invalidité, après une période de carence de 14 jours, on vous versera un montant équivalent à ce que vous auriez eu droit en cas de perte d’emploi. Cette indemnisation vous couvre pour un maximum de 15 semaines. 15 semaines, c’est vite passé!

Saviez –vous que, selon les statistiques, une invalidité dure en moyenne d’une à deux années?

Une assurance-salaire vous offre une portion de votre salaire en cas d’invalidité. Pour plusieurs, l’assurance collective offre ceci. Malheureusement, toute la population ne bénéficie pas d’une assurance collective. Si c’est votre cas, demandez- vous si vous pourriez survivre avec vos économies en cas d’invalidité. Regardez autour de vous. Connaissez-vous quelqu’un qui a été invalidé pendant une certaine période? Cela aurait-il pu être vous?

Personnellement, en tant que mère de famille, mes dépenses risquent d’augmenter si je suis en invalidité. Pourquoi? Parce que je risque non seulement de ne plus être capable d’effectuer mon travail rémunéré, mais je risque aussi de ne plus être aussi efficace dans mon travail à la maison. Il me faudra une femme de ménage (qui accepte aussi de ramasser un peu…) et probablement de l’aide pour aller chercher les enfants et s’en occuper lorsque mon mari travaillera le soir et les fins de semaine. Au lieu de préparer des petits plats, je risque d’acheter des plats déjà préparés, ce qui risque d’augmenter ma facture d’épicerie. La réalité est que si je me retrouve invalide, je vais avoir besoin d’aide. Et pour pouvoir m’offrir l’aide dont je vais avoir de besoin, je vais avoir besoin de sous.

Non, l’argent de fait pas mon bonheur. Mon bonheur, c’est ma vie avec mes quatre hommes (mon chum et mes trois garçons). Mais je dois l’admettre, manquer d’argent, ne plus être capable de m’occuper de ma famille comme avant et ne pas avoir les moyens financiers pour palier à mes faiblesses, oui, cela pourrait faire mon malheur.

Oui, j’ai de l’assurance invalidité. Je trouve cela important et j’en suis fière! Et contrairement à ce que dit le proverbe, cette fois-ci, cordonnier n’est pas mal chaussé!

Caroline Lalande

POUR ÉCRIRE À L’AUTEURE


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